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Diabète et sport : sont-ils compatibles ?

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Le diabète en France est malheureusement en constante augmentation : la survenue du diabète de type 1 chez l’enfant augmente environ de 4% par an, tandis que 5,3% de la population est traitée par médicament pour un diabète de type 2(1). Ce dernier chiffre est d’ailleurs une sous-évaluation du nombre réel de malades, car ce type de diabète passe souvent inaperçu pendant de longues années avant d’être découvert. On le surnomme d’ailleurs la « maladie silencieuse ». Le sport peut-il aider à mieux vivre son diabète, quel qu’en soit le type ? Voici quelques éclairages et conseils.

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète sucré est une maladie chronique causée par une défaillance métabolique de la régulation de la glycémie (la concentration de glucose sanguin). Ce dysfonctionnement engendre une hyperglycémie chronique.

On devrait en fait parler des diabètes, car il en existe deux sortes :

  • le diabète de type 1, insulino-dépendant, qui est une maladie auto-immune innée, et qui repose sur une destruction par l’organisme des cellules pancréatiques responsables de la sécrétion d’insuline ;
  • le diabète de type 2, insulino-résistant, qui est une maladie métabolique, surgissant souvent dans des contextes de surpoids et d’obésité, de sédentarité et d’alimentation médiocre. Dans ce cas le corps développe au fil du temps une résistance à l’insuline, si bien que le pancréas en produit toujours davantage, jusqu’à ne plus pouvoir assurer la glycorégulation. Les conséquences du DNID sont ravageuses sur la santé : atteinte cardiovasculaire, oculaire, rénale…

La pratique d’un sport est-elle favorable au diabète ?

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Absolument ! C’est même l’un des piliers majeurs du traitement du diabète, avec l’effort diététique, le traitement médicamenteux et les soins et la prise en charge psychologique. Les bénéfices d’une activité physique régulière sont indéniables pour les diabétiques :

  • elle prévient la prise de poids ;
  • elle favorise l’équilibre glycémique ;
  • elle optimise l’effet des traitements (pour le diabète de type 2) et prévient l’augmentation des doses d’insuline (pour le diabète de type 1) ;
  • elle abaisse le risque de complications cardiovasculaires, rénales, ophtalmologiques… ;
  • elle améliore la santé mentale en réduisant le stress associé à la maladie, en renforçant le bien-être et la confiance en soi et, de manière plus générale, en améliorant la qualité de vie.

Il faut garder en mémoire que la sédentarité est à l’origine de 27% des cas de diabète(2).

Physiologiquement, que se passe-t-il chez un diabétique lorsqu’il fait du sport ?

Chez la personne saine

Chez un individu non touché par le diabète, le sport induit une libération du glucose stocké (glycogène) dans le muscle, pour assurer son bon fonctionnement. Si les réserves musculaires s’épuisent, le foie prend le relais pour maintenir la glycémie constante mais l’insuline n’intervient pas. Si l’effort est prolongé, le corps trouve d’autres apports énergétiques, dans les graisses corporelles, tandis que le pancréas diminue sa sécrétion d’insuline.

Diabète de type 1

Chez un individu touché de diabète insulino-dépendant, les réactions physiologiques sont différentes :

  • le glucose ingéré est rapidement et entièrement utilisé ;
  • l’insuline injectée bloque la capacité du foie à libérer du glucose, d’où un risque d’hypoglycémie (c’est d’autant plus vrai si la personne n’a pas adapté sa dose injectée et ses prises alimentaires de glucides avant l’effort) ;
  • l’hypoglycémie peut intervenir pendant ou après l’effort.

La recommandation est donc d’adapter ses injections d’insuline et son alimentation avant l’effort : diminuer la dose habituelle de sa dose et consommer des sucres lents en prévision de l’activité sportive.

Diabète de type 2

Chez le diabétique de type 2, tout dépend du traitement de la maladie. L’activité physique permet en tout cas d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de diminuer la glycémie sanguine, puisque les muscles consomment du glucose. La prise de médicaments antidiabétiques (comme Amaryl, Diamicron ou GlucoNorm), qui ont pour propriété d’augmenter la sécrétion d’insuline, peuvent en tout cas avoir des répercussions similaires à une injection d’insuline, et ainsi entrainer une hypoglycémie.

Quelles précautions prendre pendant et après le sport, lorsqu’on est diabétique ?

Diabète et sport ne sont pas incompatibles, mais exigent quelques précautions(3). La première et plus importante : toujours aviser son médecin de la pratique sportive.

Diabète de type 1

En prévision de l’activité sportive, il est essentiel d’adapter sa dose d’insuline selon la nature du sport pratiqué, la durée de la session et l’intensité de l’effort.

  • Pendant la séance, il faut augmenter ses apports en glucose via l’alimentation, en consommant des glucides complexes.
  • L’hydratation à base d’eau doit être constante – avant, pendant et après le sport.
  • En cas d’effort court (moins de 45 minutes), une petite collation glucidique est nécessaire.
  • En cas d’effort long (plus de 45 minutes), il est important de prévoir en amont un repas riche en sucres lents, pour permettre aux muscles et au foie de constituer des réserves suffisantes de glycogène, mais aussi un apport régulier en glucides pendant la séance (toutes les 40 minutes environ).

Diabète de type 2

Contrairement au premier type de diabète, le malade n’a pas de prise sur la portée de son traitement médicamenteux. Il lui est donc recommandé de :

  • maîtriser l’intensité de son effort physique ;
  • consommer régulièrement eau et sucres rapides pendant la séance ;
  • mesurer sa glycémie pendant l’effort, qui doit rester stable à 1,3 à 2 g/l, pour éviter tout risque d’hyper- ou d’hypoglycémie ;
  • en cas d’hyperglycémie, le sport doit être immédiatement arrêté et une consultation médicale doit être envisagée ;
  • en cas d’hypoglycémie, il faut aussi arrêter l’activité sportive et ingérer une association de sucres rapides et sucres lents, pour faire remonter la glycémie sanguine.

À préciser qu’on reconnaît une hypoglycémie à certains signes, dont la faim, des palpitations et tremblements, des maux de tête et étourdissements, une confusion avec vision troublée et parole perturbée, une pâleur, une fatigue

De manière générale, que l’on soit porteur d’un DID ou d’un DNID, il est primordial de rester à l’écoute de son corps et de s’arrêter en cas de doute, de s’hydrater régulièrement, de bien se chausser pour éviter les plaies (qui guérissent moins bien  lorsqu’on est malade) et de prévenir l’entourage de sa maladie.

Quelle activité sportive pratiquer lorsqu’on a du diabète ?

Lorsqu’on est diabétique les sports d’intensité modérée (endurance) sont les plus bénéfiques, car ils permettent un entraînement progressif. Ainsi la marche, le vélo, le ski de fond, la natation, l’équitation, le roller et même la course à pied peuvent être pratiqués. 

Les sports aquatiques comme le canoë kayak, la planche à voile, le kite surf ou la voile peuvent aussi constituer une bonne activité. Mais ces sports ne doivent pas être pratiqués seuls, car la pathologie implique toujours un risque de malaise.

Les activités douces comme le Pilates, l’aquagym, le yoga et le stretching sont excellentes car elles impliquent peu de risques de plaies.

Enfin le renforcement musculaire, via le fitness et la musculation, peut aussi être pratiqué pour amplifier la pratique sportive et solliciter les différents groupes musculaires.

L’important reste la régularité : il est préférable de faire du sport tous les jours ou un jour sur deux, à raison de 30 à 45 minutes quotidiennes, plutôt qu’un effort prolongé une fois par semaine.

Références

(1)    Le diabète en France : les chiffres 2020  

(2)    Centre européen d’étude du Diabète

Les précautions | Diabète Québec 

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