La chrononutrition fait-elle maigrir ?
Pas forcément : ce n’est pas un régime hypocalorique. Selon l’Anses, son menu type apporte environ 2 400 kcal par jour, plus que la référence de 1 800 kcal pour une femme à activité physique usuelle. Son efficacité propre n’est pas démontrée.
Le principe : un petit-déjeuner gras sans sucre, un déjeuner riche en protéines, un goûter sucré et un dîner léger. Nous n’avons trouvé aucune étude qui évalue la méthode (PubMed, septembre 2026) ; demandez conseil à votre médecin ou à un diététicien, surtout en cas de maladie chronique.

Le régime chrononutrition
Aperçu du régime chrononutrition
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recommandation de CalculerSonIMC
Appréciations de la rédaction, sur 100, et non résultats d’études. « Efficacité » et « rapidité » désignent la perte de poids à court terme, pas un résultat durable.

Le régime chrononutrition a été conçu par le Dr Alain Delabos, qui le présente notamment dans son livre Mincir sur mesure grâce à la chrono-nutrition (2005). L’Anses résume son principe ainsi : « associer la consommation d’aliments à l’horloge biologique du corps » ; le petit-déjeuner est riche en graisses mais sans sucre, le déjeuner riche en protéines, le goûter composé de fruits et de chocolat noir, et le dîner léger(1). Dans le menu type analysé par l’Anses, les lipides fournissent 41 % de l’énergie(1).
La méthode repose sur les théories de son auteur : dans la base PubMed, consultée en septembre 2026, nous n’avons trouvé aucune étude qui évalue ce régime en tant que tel.
Avis de la diététicienne

Plutôt un rééquilibrage alimentaire qu’un régime, la chrono-nutrition est intéressante pour le côté « être à l’écoute de son corps ». Le principe de la chrono-nutrition peut être suivi, comme indiqué, puis adapté à chacun selon ses ressentis personnels. Écouter ses sensations alimentaires (faim, satiété…), manger de tout en quantité raisonnable, varier les aliments sans se priver, là est la clé du succès !
Sabine ROUSSEAU, diététicienne-nutritionniste
Les principes de la diète
La chrono-nutrition consiste à s’alimenter correctement et au bon moment dans la journée. Le Docteur Delabos précise en effet que les aliments n’ont pas le même effet sur le corps selon le moment où ils sont ingérés.
Détermination du morphotype : première étape du régime chrononutrition
Le morphotype est, dans cette méthode, un outil d’évaluation de la silhouette : il la compare à un modèle idéal, appelé « morphotype Galilée ». Cet outil est propre à la chrononutrition ; en médecine, on utilise plutôt l’IMC et le tour de taille(3).
L’évaluation morphologique se fait en six points :
- La taille de l’individu
- Son poids
- Le tour de poitrine
- La largeur du poignet
- Le tour de hanches
- Le tour de taille
En fonction des résultats, il en découle 11 morphotypes différents. La méthode s’en sert pour adapter l’alimentation ; à notre connaissance, aucune étude n’a validé ces morphotypes.
La diète du régime chrononutrition
Comme nous l’avons mentionné précédemment, la chrononutrition consiste donc à manger un peu de tout, mais à des moments précis de la journée. Quatre repas sont pris en considération pour ce régime : le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter et le repas du soir. Chacun comporte une certaine catégorie d’aliments à consommer, conformément au rythme biologique de votre organisme. Les quantités pour chaque repas sont variables en fonction de votre taille et de votre morphologie.
À noter également : vous avez la possibilité de faire 2 repas « joker » par semaine, où vous pourrez manger ce que vous souhaitez.
1- Le petit-déjeuner : exit le sucré, matières grasses au menu !
Il est à prendre dans l’heure qui suit le réveil. Le Dr Delabos recommande de manger gras à ce repas, pour éviter la fatigue et les petits creux de la matinée. Selon lui, le corps a ensuite toute la journée pour utiliser ces graisses ; à notre connaissance, cette affirmation n’a pas été démontrée.
- Le thé ou le café est autorisé, mais sans sucre !
- Des sucres lents (pain complet par exemple)
- Des graisses : fromage, beurre… Si le fromage ne vous attire pas au réveil, le fromage blanc fera parfaitement l’affaire.
- Des protéines : œufs, jambon
2- Le déjeuner : un repas dense mais pas de graisses
Selon la méthode, le déjeuner se compose d’un plat unique, en quantité généreuse. Pas de place donc pour les entrées, le fromage, un dessert et bien évidemment pas de boisson alcoolisée, jugés trop riches et difficiles à digérer par la méthode.
Votre déjeuner comportera donc :
- Des protéines : viande, poisson ou œufs
- Des féculents : pâtes, riz, blé… Attention cependant : certaines morphologies devront remplacer ces féculents par une portion de légumes.
3- La collation : mangez sucré !
Dans cette méthode, le goûter est l’un des repas les plus importants de la journée, plus même que celui du soir. Il est conseillé d’attendre d’avoir faim pour prendre cette collation, qui se composera d’aliments sucrés exclusivement. Selon la méthode, il permet d’arriver au dîner sans avoir très faim ; cet effet varie d’une personne à l’autre.
Recommandations de menus :
- du gras végétal : noix, chocolat noir,
- des fruits : fruits au naturel, fruits secs, compote…
4- Le dîner : léger et facultatif
Pour la méthode, le dîner est le repas le moins important de la journée. Si vous n’avez pas faim, la méthode propose de le supprimer. Ne sautez pas de repas sans avis médical si vous avez un diabète traité, si vous êtes enceinte ou si vous avez des troubles du comportement alimentaire. Sinon, privilégiez des aliments légers, avec peu de glucides et de lipides et donc faciles à digérer, et dînez au moins 1 h 30 avant de vous coucher.
Au menu du dîner :
- Du poisson ou des viandes maigres (poulet, dinde… sans sauce !)
- Des légumes en petite quantité
Avantages
Le régime chrononutrition ne supprime aucune famille d’aliments et laisse de la place au plaisir, avec deux repas « joker » par semaine. Il structure la journée en quatre prises alimentaires, ce que certaines personnes trouvent pratique ; son effet sur le grignotage n’a pas été évalué.
Certaines personnes apprécient sa structure, sans restriction sévère, mais son efficacité n’a pas été comparée à celle d’une alimentation équilibrée classique. Selon l’Anses, le menu type apporte environ 2 400 kcal par jour, ce n’est donc pas un régime hypocalorique(1). Il n’est pas pour autant parfaitement équilibré : toujours d’après l’Anses, il apporte moins de vitamine C et de vitamine D que les références, et un peu moins de magnésium(1).
Le régime à suivre nécessite un temps d’adaptation (notamment pour la consommation de matières grasses au petit-déjeuner, dont peu d’entre nous ont l’habitude), mais il est peu contraignant et l’on peut varier ses repas tout en restant dans les catégories d’aliments recommandés à chaque moment de la journée.
Inconvénients et limites
Comme pour tout régime, il peut être difficile psychologiquement de se restreindre sans pouvoir manger ce que l’on veut à tout moment de la journée, bien que les menus préconisés restent assez variés.
La perte de poids n’est pas garantie : le menu type analysé par l’Anses apporte environ 2 400 kcal par jour, plus que la référence de 1 800 kcal pour une femme à activité physique usuelle(1). La perte de poids dépend notamment des apports comparés à vos besoins, et l’efficacité propre de cette méthode n’a pas été démontrée.
Comme pour tout changement d’alimentation, les effets éventuels ne durent que si l’on garde ces habitudes sur le long terme.
Enfin, il n’est pas adapté à tous. Le menu type analysé par l’Anses apporte 138 g de protéines par jour (23 % de l’énergie), et les lipides y fournissent 41 % de l’énergie(1), avec une large place aux produits animaux. En cas de maladie rénale ou cardiovasculaire, de cholestérol élevé, de diabète ou de trouble du comportement alimentaire, pendant la grossesse ou l’allaitement, chez l’enfant, l’adolescent ou la personne âgée, demandez l’avis de votre médecin avant de l’adopter. Plus largement, l’Anses indique que la reprise de poids concerne 80 % des sujets un an après un régime amaigrissant, et qu’elle augmente avec le temps(2).
Origines du régime
Le concept a été mis au point par le Dr Alain Delabos (l’année 1986 est souvent citée), qui s’appuie, selon lui, sur les rythmes biologiques du corps, la chronobiologie. Il le détaille dans plusieurs livres, dont Mincir sur mesure grâce à la chrono-nutrition, paru chez Albin Michel en 2005 et cité par l’Anses(1).
Ce qu’en dit l’Anses
En 2010, l’Anses a évalué les risques de plusieurs régimes amaigrissants populaires, dont celui-ci, à partir de menus types(1). Le tableau reprend les apports calculés pour la phase « chrononutrition » (la variante « chrononutrition + » monte à 2 638 kcal par jour) et les compare aux apports nutritionnels conseillés (ANC) de l’époque. Les apports calculés sont identiques pour les femmes et pour les hommes. Au-delà de 20 % d’écart, la différence est en rouge, sinon en vert.
| Régime chrononutrition | ANC, valeurs de référence (femme / homme) | Différence (femme / homme) | |
|---|---|---|---|
| Données : Anses, saisine n° 2009-SA-0099, rapport d’expertise de novembre 2010 et avis du 4 mai 2011, tableaux 1 et 2 (1)(2) | |||
| Énergie (kcal/j) | 2 419 | 1 800 / 2 200 (activité physique usuelle) | +34 % / +10 % |
| Lipides (%AET) | 41 % | 35 à 40 % | +1 point / +1 point |
| Protéines (g/j) | 138 (23 % de l’énergie) | 0,83 g par kilo de poids et par jour (ANC) | — |
| Fibres (g/j) | 28 | 25 / 25 | +12 % / +12 % |
| Fer (mg/j) | 18,3 | 16 / 9 | +14 % / +103 % |
| Calcium (mg/j) | 1 034 | 900 / 900 | +15 % / +15 % |
| Magnésium (mg/j) | 339 | 360 / 420 | -6 % / -19 % |
| Sodium (mg/j) | 2 524 | 2 522 / 3 447 (apports observés, INCA 2) | 0 % / -27 % |
| Vitamine B9 (µg/j) | 308 | 300 / 330 | +3 % / -7 % |
| Vitamine C (mg/j) | 85,0 | 110 / 110 | -23 % / -23 % |
| Vitamine D (µg/j) | 1,8 | 5 / 5 | -64 % / -64 % |
Avis de CalculerSonIMC.fr
Le régime de la chrononutrition n’est pas un régime privatif. Il ne supprime aucune famille d’aliments, ce qui limite le risque de carences, même si l’Anses relève des apports trop faibles en vitamines C et D. Ce régime constitue davantage un rééquilibrage alimentaire. Il impose toutefois une certaine rigidité : ne manger que certains types d’aliments à chaque repas. Ses règles sont propres à la méthode et ne sont pas des recommandations nutritionnelles générales.
Explication de l’attribution de la note :
» Aspect nutrition : -10 points pour les effets néfastes du régime
» Aspect corpulence : -10 points pour l’espérance d’effets bénéfiques sur la corpulence à long terme
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Questions fréquentes sur la chrononutrition
Qu’est-ce que la chrononutrition ?
C’est une méthode du Dr Alain Delabos qui vise, selon l’Anses, à « associer la consommation d’aliments à l’horloge biologique du corps » : petit-déjeuner riche en graisses et sans sucre, déjeuner riche en protéines, goûter composé de fruits et de chocolat noir, dîner léger.
Pour ce dîner léger, un bol de lentilles avec des légumes tient au corps sans alourdir la soirée, à condition de garder la portion modeste.
La chrononutrition fait-elle maigrir ?
Pas forcément. Ce n’est pas un régime hypocalorique : selon l’Anses, le menu type apporte environ 2 400 kcal par jour, plus que la référence de 1 800 kcal pour une femme à activité physique usuelle. Nous n’avons trouvé aucune étude qui évalue cette méthode (PubMed, septembre 2026) : les données ne permettent pas de conclure qu’elle fait maigrir plus qu’une alimentation équilibrée, ni qu’elle aide à maintenir la perte.
Que manger au petit-déjeuner en chrononutrition ?
La méthode recommande un petit-déjeuner gras et sans sucre, pris dans l’heure qui suit le réveil : pain complet, fromage ou beurre, œufs ou jambon, avec un thé ou un café non sucré.
La chrononutrition est-elle bonne pour la santé ?
Elle est variée, mais pas parfaitement équilibrée : d’après l’Anses, le menu type apporte trop peu de vitamines C et D, et beaucoup de protéines et de graisses. En cas de maladie rénale ou cardiovasculaire, de cholestérol élevé ou de diabète, demandez l’avis de votre médecin ou d’un diététicien.
Sources et références
(1) Anses, Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, rapport d’expertise collective, novembre 2010.
(2) Anses, Avis relatif à l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, saisine n° 2009-SA-0099, 4 mai 2011 (annexe, tableaux 1 et 2).
(3) Haute Autorité de santé, Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours, 2011.



