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Comment prendre soin de son foie et rester en bonne santé ?

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Le foie est l’un des organes-clés du corps humain. Impliqué dans de multiples fonctions physiologiques, il est plus communément associé à son rôle essentiel dans le processus de digestion. Aussi, il n’est pas rare de vouloir détoxifier son foie, après des repas un peu lourds ou une alimentation anarchique. Voici donc un petit guide complet sur le foie, ainsi que quelques conseils pour en en prendre soin, et ainsi rester en bonne santé.

Le foie, un organe vital

Anatomie du foie

Le foie est le plus gros organe digestif (2% du poids total d’une personne) et le second organe le plus actif du corps humain, après le cerveau. Très vascularisé (veine porte, artère hépatique), il contient près de 13% de la quantité de sang du corps. Son anatomie est singulière :

  • C’est un organe « plein », c’est-à-dire qu’il n’est pas une poche, comme l’estomac ou les poumons.
  • Il se divise en quatre lobes, le lobe droit, volumineux, le lobe gauche, plus petit, le lobe carré et le lobe caudé. Chaque lobe est en outre divisé en segments (8 au total).
  • Il est le seul organe capable de se régénérer.
  • Son volume peut changer, la variation de taille pouvant aller jusqu’à +40%.
  • Les cellules qui le compose, appelées hépatocytes, sont très particulières – elles sont recouvertes de microvillosités capables de se démultiplier au contact du sang, et leur noyau peut contenir jusqu’à 8 jeux de chromosomes, contre 2 pour les autres cellules du corps.

Pas étonnant alors que le foie soit un organe qui à la fois intrigue et fascine !

Fonctions du foie

Le foie remplit un nombre considérable de fonctions physiologiques – on en dénombrerait plus de 300 ! Les plus importantes sont néanmoins :

  • La fonction digestive: le foie produit la bile nécessaire à la digestion des graisses alimentaires. Cette bile est stockée dans la vésicule biliaire, reliée à l’organe par le canal cholédoque. Ainsi, lors de l’ingestion de lipides, la vésicule libère de la bile dans les intestins pour qu’ils soient digérés convenablement.
  • La fonction d’épuration: le foie est un organe émonctoire, dont le rôle est de débarrasser le sang des déchets qui l’encombre (organiques comme l’ammoniac, toxiques extérieurs comme les résidus de médicaments…).
  • La fonction de synthèse: le foie remplit à la fois un rôle exocrine, en permettant la synthèse de la bile, et une fonction endocrine, car il métabolise la majorité des glucides et lipides de l’alimentation.
  • La fonction nutritionnelle et de stockage: c’est au niveau du foie que sont stockés le glucose, les vitamines et les minéraux issus de la digestion.
  • La fonction de régulation: le foie joue un rôle important dans le processus de coagulation du sang. C’est lui qui produit les protéines (albumine, globines) nécessaires à coaguler le sang en cas de plaie, par exemple.  En outre il régule la quantité de cholestérol, glycogène et oligo-éléments présents dans le sang.
  • La fonction immunitaire : c’est au niveau du foie que sont générés et activés une partie des lymphocytes, des cellules immunitaires.

Maladies du foie

Un être humain ne peut vivre sans son foie. En cas de maladie grave, une hépatectomie partielle peut être envisagée – le foie se régénérant relativement rapidement. 

Parmi les pathologies hépatiques les plus communes, on citera :

  • Les maladies auto-immunes, comme la CBP, les cancers primitifs ou secondaires (métastases secondaires à un cancer du côlon, du sein, de la prostate, du rein, du poumon….).
  • Les maladies génétiques, comme l’hémochromatose, le Syndrome de Gilbert, la maladie de Wilson ou le Syndrome de Budd-Chiari.
  • Les maladies virales, comme les hépatites.
  • Les maladies consécutives à une mauvaise hygiène de vie, comme l’hépatite alcoolique, la cirrhose, la stéatose hépatique, la stéatohépatite non alcoolique (ou NASH).

Les atteintes auto-immunes et génétiques du foie, ainsi que certains cancers, ne sont pas du ressort de l’individu. Mais dans le cas d’atteinte virale ou de maladie hépatique consécutive à un mode de vie anarchique, l’individu est directement responsable de la santé de son foie. Aussi, de simples mesures hygiéno-diététiques et médicales peuvent aider à préserver son foie.

Que faire pour préserver son foie ?

Vaccination et évitement des conduites à risque

Les premières mesures à prendre pour préserver son foie sont la vaccination (hépatites A, B) et l’évitement de certaines conduites à risque (hépatites C, D, E). On entend par comportement à risque :

  • La toxicomanie via intraveineuse, puisque les hépatites se transmettent entre autres par voie sanguine.
  • Le tatouage et le piercing, si pratiqués dans des endroits peu sûrs, où le matériel n’est pas dûment stérilisé.
  • Les relations sexuelles non protégées avec des sujets porteurs – le port du préservatif est la seule protection existante aujourd’hui.
  • L’absorption d’eau souillée par des selles infectées et, plus généralement, tout risque de contamination digestive féco-orale – surtout en cas de séjours dans des zones où les contrôles sanitaires sont limités.

Freiner sa consommation d’alcool

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et particulièrement pour celle du foie. L’organe est en effet responsable de l’élimination de la quasi-totalité de l’alcool, à chaque fois qu’il est ingéré. Or ce processus d’élimination demande au foie un travail considérable et engendre en outre la libération d’acétaldéhyde (ou éthanal). Cette substance est rapidement oxydée par le foie et transformée en acide acétique inoffensif. Néanmoins certaines personnes ne disposeraient pas des enzymes permettant cette dégradation, et subiraient ainsi pleinement les effets nocifs de l’alcool. Par ailleurs, les agressions biochimiques engendrées par la consommation régulière et/ou importante d’alcool causeraient des phénomènes « en cascade » :

  • Une inflammation chronique du foie
  • Une modification de sa structure et une altération de ses fonctions
  • Une accumulation anormale de graisses (stéatose)
  • Une fibrose causant une diminution de l’apport sanguin dans le foie
  • Une hypertension au niveau de la veine porte
  • Une dégradation générale de l’organe jusqu’à la cirrhose, une maladie irréversible
  • Des hémorragies digestives graves
  • In fine, un cancer du foie

Aussi, pour préserver son foie, il est impératif de modérer sa consommation d’alcool – l’abstinence totale étant la meilleure manière de pleinement le protéger.

Modérer sa prise de médicaments

Comme précédemment évoqué, l’une des fonctions du foie est d’éliminer les traces de médicaments, une fois que ces derniers ont produit leurs effets. Une surdose médicamenteuse peut fragiliser l’organe, voire, dans les cas les plus graves, entraîner la mort. Aussi, le réflexe « médicament » au moindre petit bobo doit être réfréné. Parmi les médicaments les plus toxiques pour le foie, on citera le paracétamol, certains antibiotiques, certains anti-inflammatoires. Aussi, pour préserver son foie, mieux vaut :

  • Demander conseil à un médecin ou pharmacien avant de prendre un médicament.
  • Toujours respecter sa prescription et la notice.
  • Éviter de combiner plusieurs médicaments, ou des médicaments avec d’autres substances (alcool, compléments alimentaires…).
  • Éviter le réflexe d’automédication, si possible.
  • Éviter la prise prolongée de médicaments, sauf avis médical contraire.

Adopter une alimentation saine

Le foie est en charge de métaboliser les glucides et de digérer les lipides. En cas d’alimentation trop riche en graisses saturées, acides gras trans, et/ou sucres simples, l’organe tourne « à plein régime ». In fine, il est possible de développer une pathologie grave, comme le syndrome NASH (souvent surnommé « syndrome du foie gras »). Aussi, pour préserver son foie et éviter les déséquilibres, mieux vaut privilégier une alimentation saine, à base d’aliments frais, bruts, éventuellement bios.  Certains fruits et légumes sont particulièrement bénéfiques au tonus hépatique, à l’instar de l’artichaut, l’ail, le pamplemousse, les légumes à feuilles vertes, l’avocat, le radis noir, la carotte, les fruits rouges, le citron, la betterave.

L’hydratation quotidienne doit essentiellement se faire à base d’eau. Les sodas, jus de fruits industriels, boissons sucrées et l’alcool sont à éviter. Par ailleurs, de nombreuses études se sont penchées sur les bienfaits du thé vert(1) et du café(2) sur le foie. Il semblerait que ces deux boissons soient bénéfiques à la santé du foie  via leur action positive sur les enzymes hépatiques.

Arrêter le tabac

Le tabac est connu pour être responsable dans l’apparition de différents cancers, comme celui du poumon, de la bouche, de la gorge ou de l’œsophage. Mais peu savent que le tabagisme accroît également le risque de cancers digestifs, comme ceux de l’estomac, du pancréas  et du foie. En cause : les nombreux toxiques présents dans les produits issus du tabac, dont l’acétaldéhyde précédemment cité. Une cigarette contient en effet un milligramme d’acétaldéhyde. Ainsi, chaque cigarette fumée engendre un travail d’élimination des toxines par le foie. Pour préserver l’organe, mieux vaut définitivement arrêter le tabac.

Opter pour les bonnes plantes

Certaines plantes, de par leur composition chimique, sont particulièrement bénéfiques à la fonction hépatique. Elles protègent le foie, tout en stimulant la sécrétion et l’évacuation de la bile. C’est le cas du boldo, de l’artichaut, du radis noir, du chardon-marie, de la fumeterre, de la gentiane, du desmodium, du romarin ou du carvi. Ces plantes peuvent être consommées sous différentes formes (gélules, ampoules, infusion), par exemple à chaque changement de saison ou suite à des périodes où l’alimentation a été trop riche ou anarchique. Les cures de compléments alimentaires naturels doivent cependant être limitées dans le temps – quelques semaines tout au plus.

Faire du sport

Une activité physique régulière peut avoir une influence positive sur la santé du foie, particulièrement lorsqu’on est en surpoids ou en obésité. En effet, les personnes atteintes de surcharge pondérale présentent en général un niveau de graisse viscérale élevé, à laquelle est souvent associée une inflammation hépatique. Le sport, en plus d’entraîner la perte de poids et la réduction du volume de graisse viscérale, permet de réduire le niveau de stress oxydatif responsable de l’inflammation hépatique(3).

En outre, une étude(4) conduite sur les rats aurait démontré que l’activité physique pourrait amoindrir les effets délétères de l’alcool sur le foie – moins de dépôts graisseux, mais également stabilisation du niveau de triglycérides, d’insuline et de glucose dans le sang. Bien entendu, cette étude isolée ne permet pas de conclure que le sport suffirait à pallier l’ensemble des méfaits de l’alcool sur l’organisme. Mais elle confirme néanmoins que le sport permet de préserver son foie.

Références

(1) 2016, Pezeshki, Safi, Feizi, Askari, Karami, The Effect of Green Tea Extract Supplementation on Liver Enzymes in Patients with Nonalcoholic Fatty Liver Disease

(2) 2016, Wadhawan, Anand, Coffee and Liver Disease

(3) 2013, Oh, Tanaka, Warabi, Shoda, Exercise reduces inflammation and oxidative stress in obesity-related liver diseases

(4) 2015, Szary et al., High Intrinsic Aerobic Capacity Protects against Ethanol-Induced Hepatic Injury and Metabolic Dysfunction: Study Using High Capacity Runner Rat Model

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