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Nutrition & Alimentation

Que penser des produits light ?

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Pour perdre du poids durablement, on porte forcément plus d’attention à son alimentation. Et il arrive qu’on soit tenté de consommer des produits light. Leur promesse est en effet alléchante : pour la même quantité de produit consommé, la version light est censée peser moins lourd sur la balance, en termes de calories. Tentant, mais quid de la réelle pertinence des produits allégés ? Zoom sur les produits light, moins légers qu’ils ne le paraissent…

Qu’est-ce qu’un produit light ?

Les produits light sont apparus dans les années 1960, pour se généraliser peu à peu dans les rayons des supermarchés – on estime qu’en moyenne, un hypermarché propose 500 références allégées. L’appellation light était d’abord attribuée aux produits laitiers (lait écrémé, yaourt à 0% de MG), mais aujourd’hui on la retrouve dans la plupart des catégories d’aliments : boissons, beurre et crème, desserts, gâteaux, plats préparés et même chocolat !

La dénomination « light », ou « allégé » répond à une norme précise : le produit ne peut être qualifié de light que si sa teneur en nutriment  ou sa valeur calorique est réduite d’au moins 25% par rapport à un produit de référence. Cependant la législation n’impose en rien un allègement global de la formulation dudit produit. Seuls les fabricants peuvent décider d’alléger leur produit en sucres, matières grasses, sel ou autre nutriment… Et ils en profitent pour jouer la carte de l’ambiguïté. Le principe : jouer sur le désir du consommateur de perdre plus facilement du poids en consommant le produit.

 Quelles sont les différentes catégories de produits light ?

Il existe donc un large éventail de produits light.

Cas des aliments allégés en sucres

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Parmi les produits light, on trouve bien évidemment ceux qui promettent une teneur en sucres amoindrie. Mais là encore, différentes dénominations viennent tromper le consommateur(1) :

  • Le « sans sucres » : une dénomination claire, qui signifie que le produit ne contient pas plus de 0,5 g de sucres pour 100 g. Mais attention, le produit n’est pas pour autant vide de calories, puisqu’il peut contenir des matières grasses, y compris saturées.
  • Le produit « à faible teneur en sucres » : là encore, la mention manque de précision. Pour les aliments solides, elle induit que le produit ne contient pas plus de 5 g de sucres pour 100 g. Pour les liquides, elle implique une teneur en sucres inférieure à 2,5 g pour 100 ml de boisson.
  • Le produit 0% : dans le cas du sucre, l’appellation indique que le produit contient 0 g de sucre. Pour autant, il peut être riche en matières grasses.
  • Le produit « sans sucre ajouté » : cette dénomination implique que le produit ne contient aucune substance sucrante ajoutée à la composition. Mais cela ne signifie pas que le produit est dénué de sucre, puisqu’il peut être naturellement doux. Ce sera par exemple le cas d’une compote, intrinsèquement sucrée, puisque fabriquée avec des fruits contenant naturellement du fructose.

Cas des aliments allégés en matières grasses

Il en va de même pour les aliments allégés en matières grasses. La dénomination « light » s’applique seulement à une teneur précise en MG, qui varie selon le produit concerné. Ainsi :

  • Le beurre classique est constitué à 80% de matières grasses. Il sera considéré « allégé » ou « à teneur réduite en MG » s’il contient entre 41 et 62% de MG. Il sera « light », « léger » ou « à faible teneur en MG » s’il contient entre 39 et 41% de MG. Enfin, les substituts au beurre, qui ne sont pas du beurre et ne peuvent être nommés comme tel, contiennent en général entre 10 et 39% de MG.
  • La crème fraîche standard contient environ 30 à 40% de matières grasses. Pour qu’elle soit considérée « light » ou « légère », la teneur en MG doit être réduite à 12-30%.
  • Les biscuits, qu’ils soient salés (type biscuits apéritif) ou sucrés, doivent afficher une teneur en MG de 2 à 5% inférieure à la teneur des mêmes biscuits, version classique.
  • Le fromage « light » doit détenir au moins 25% de MG en moins que son équivalent « normal ».

À préciser en outre qu’un produit mentionnant une « faible teneur en matières grasses » doit contenir moins de 3 g de MG pour 100 g, tandis qu’un produit dit « sans matières grasses » ne doit pas détenir plus de 0,5 g de MG pour 100 g.

Vous l’aurez donc compris : les dénominations sont nombreuses, peu précises, et induisent facilement le consommateur en erreur. Par ailleurs, on est en droit de se demander si les produits light sont vraiment diététiques, au vu du flou juridique.

Les produits light, vraiment bons à la santé ?

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Situation actuelle du light en France

En 2004, 77,3% des Français consommaient des produits allégés, et 25% était considérés comme des « gros consommateurs », notamment les femmes.  Depuis cette date, le marché du light perd en moyenne 7 % de part de marché par an, après avoir connu un succès certain (entre 1985 et 1995, les ventes de produits allégés augmentaient annuellement de 4%, et entre 1995 et 2003, la croissance du secteur était de 9% par an). Les Français sont de plus en plus réfractaires aux produits light : 42% éprouveraient une réelle défiance à l’égard de l’allégé(2). Il est parfaitement envisageable que cette défiance soit le résultat d’une meilleure information du consommateur et ainsi, d’une plus grande lucidité vis-à-vis des promesses de perte de poids et de santé associées aux produits light.

Que disent les professionnels de santé ?

Ils sont unanimes : les produits light relèvent non seulement du marketing alimentaire, mais en plus ils pourraient faire grossir, voire être délétères à la santé.

Tout d’abord, et comme précédemment expliqué, la dénomination « light » n’implique pas un allègement global de l’aliment. Ainsi, les fabricants peuvent décider de produire un aliment allégé en sucres, mais il faudra bien évidemment compenser cette perte d’ingrédient par l’ajout d’un autre. Avec, au final, des résultats parfois peu satisfaisants côté calories. Il arrive même qu’un produit light soit plus calorique que son équivalent classique !

Ensuite, la consommation de produits light comporte un effet pervers : vu que le produit est allégé, on est bien plus susceptible d’en reprendre et ainsi, d’en consommer plus qu’à l’accoutumée. Certaines études ont d’ailleurs confirmé l’effet psychologique des mentions « faible en gras » ou « à faible teneur en calories » : elles sont un facteur favorisant la surconsommation. Ainsi, il est possible d’affirmer que les produits allégés pourraient gravement perturber les mécanismes naturels de régulation alimentaire.

Par ailleurs, les produits light, souvent allégés en ingrédients bruts, tels que les œufs ou le beurre, sont systématiquement riches en additifs de synthèse. On comble le manque de saveur et/ou de texture par l’ajout de substances parfois controversées, comme des arômes synthétiques, des gommes, des émulsifiants, des épaississants ou des gélifiants. C’est par exemple le cas de la gélatine de porc, qu’on ajoute aux yaourts light pour combler la perte de densité après retrait des matières grasses. C’est également le cas de l’aspartame (sucre de synthèse controversé pour ses effets délétères sur le microbiote) dans les boissons light, ou encore le sel et le sucre, rajoutés à la composition des mayonnaises allégées.

Enfin, il est bon de préciser qu’aucune étude scientifique n’a prouvé que les produits light permettent de maigrir. Le CEDUS (Centre d’études et de documentation du sucre) confirme que les produits light n’auraient pas d’intérêt démontré sur la perte de poids, sauf, éventuellement, sur certaines personnes obèses, et à des périodes de régime limitées dans le temps.  Une consommation de long terme pourrait même perturber la résistance à l’insuline (cas de l’absence de MG faisant grimper la glycémie en flèche) ou dégrader la flore intestinale (influence de certains édulcorants).

 

Le bilan concernant les produits light est donc plutôt négatif : ils induisent le consommateur en erreur et ne présentent aucun bénéfice pour la santé. Aussi, avant d’acheter un produit light, mieux vaut lire dûment l’étiquette de composition, ou mieux encore, envisager une autre alternative, plus saine.

Références

(1)    Programme National Nutrition Santé, Des aliments allégés surconsommés, mais pas si bons pour la santé

(2)    2006-2007, Enquête nationale INCA2, AFSSA, Statistiques : Consommation de produits allégés en France

 

 

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