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Nutrition & Alimentation

Campagnes « anti-sucre » : le beurre a désormais (trop) la côte

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Du fait des nombreuses campagnes, ces dernières années, visant à réduire chez les individus la consommation de sucre, le beurre est aujourd’hui une denrée dont les achats grimpent. En effet, les consommateurs qui sacrifient le sucre se rabattent sur le beurre dans une démarche de compensation, c’est ce qu’indiquent les experts.

Campagnes "anti-sucre" : le beurre a désormais (trop) la côte
(Le beurre a désormais (trop) la côte. Cette hausse de la consommation pourrait être imputée, en partie, aux campagnes anti-sucre)

Ces données et ces explications ont été publié par Euromonitor International, une société de conseil qui opère notamment dans les domaines de la nutrition et de l’alimentation.

Une hausse du beurre imputée (en partie) aux campagnes anti-sucre

En Europe de l’Ouest, entre 2008 et 2013 la consommation de beurre a augmenté de 36000 tonnes. Dans le domaine des « matières grasses tartinables », c’est la plus forte augmentation, loin devant les autres produits.

En Amérique du Nord par exemple, la consommation de beurre sur la période 2008-2013 a augmenté de 19000 tonnes, alors même que les autres matières grasses tartinables (ainsi que l’huile) étaient en déclin de 62000 tonnes.

Selon Lauren Bandy (1), analyste alimentaire pour Euromonitor International, cette hausse pourrait s’expliquer par le fait que depuis plusieurs années, les recommandations alimentaires, d’une manière généralement, sont beaucoup axées autour de la limitation du sucre et autour de la consommation de protéines.

L’interprétation, aux États-Unis et en Europe, de toutes ces différentes recommandations (largement médiatisées) serait donc à rapprocher avec cette augmentation de la consommation de beurre.

Sucre, gras : il faut regarder les aliments dans leur ensemble

Pourtant Lauren Bandy ainsi que sa collègue Diana Cownload (analyse dans le domaine de la Santé) insistent sur le fait qu’il est essentiel de regarder les éléments dans leur ensemble, et pas seulement leurs macro-nutriments.

Ces analystes prennent d’ailleurs pour exemple une étude récente de l’université de Cambridge (Mars 2014) qui suggérait que la réduction seule des acides gras saturés n’aurait pas de conséquences bénéfiques particulières sur la santé : il convient toutefois de regarder les aliments dans leur ensemble, et pas seulement leur composition en acides gras saturés. Les « acides gras saturés » ne sont en effet pas un ingrédient à part entière, et il convient donc d’être prudent quant à l’interprétation de ce genre d’étude.

Les produits peu sucrés peuvent ainsi être très gras, tout comme de nombreux produits « dégraissés » contiennent bien souvent une quantité impressionnante de sucre.

Selon les analystes, avant que la guerre contre le sucre soit menée (comme par exemple au Royaume-Uni, qui lutte activement contre la surconsommation de sucre), c’était le gras qui était pris pour cible (et le sucre était alors consommé en quantité trop importante). Nous pourrions assister aujourd’hui à un début de basculement : à force de trop blâmer le sucre, certaines matières grasses (comme le beurre) pourraient désormais avoir (trop) la côte.

Sources et références

(1) Diana Cowland (Health and Wellness Analyst), Lauren Bandy (Packaged Food Analyst). Nutrition Podcast Series: Attention Turning Away from Fat as an Ingredient

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