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Graisse brune : l’activer fait-il maigrir ?

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La masse graisseuse est considérée comme l’ennemie de la bonne santé. La graisse, mal aimée du corps humain, est en effet jugée disgracieuse et assimilée à un facteur de risque. Pourtant, le corps a besoin d’une réserve adipeuse, pour subvenir à ses besoins énergétiques et d’isolation thermique. En outre, il n’existe pas un type de graisse, mais plusieurs : la graisse blanche, la graisse brune et la graisse beige (ou brite). Pour en savoir plus sur les fonctions organiques de la graisse brune, et sur son possible potentiel à « faire » maigrir, lisez ce qui suit.

Qu’est-ce que la graisse brune ?

Le tissu adipeux brun, ou graisse brune, est présent chez l’humain à sa naissance. En effet, sa fonction et d’assurer la thermogénèse, c’est-à-dire maintenir la température corporelle en produisant de la chaleur. Le nourrisson, dont le système nerveux n’est pas suffisamment développé pour qu’il sache frissonner, est bien pourvu en graisse brune, qui lui permet de se protéger du froid. Au fil du vieillissement, la graisse brune tend à disparaître(1). Il est néanmoins prouvé qu’un tissu adipeux brun résiduel persiste chez l’adulte, surtout chez les femmes(2).  Il se concentre essentiellement au niveau du cou, des clavicules, des aisselles, du cœur et de la colonne vertébrale (protection des organes vitaux). Les principales particularités de la graisse brune sont qu’elle est très vascularisée, friande en oxygène et grande consommatrice d’énergie

Quelle est la différence entre graisse brune et graisse blanche ?

La graine brune représente une part marginale du tissu adipeux global du corps humain – environ 5%, parfois moins. Le reste du tissu adipeux est constitué de graisse blanche, qui exerce plusieurs fonctions pour l’organisme :

  • Une fonction de stockage des triglycérides, afin de répondre aux besoins énergétiques du corps, lorsque les réserves glucidiques issues de l’alimentation sont épuisées.
  • Une fonction d’isolation thermique, en cas de froid.
  • Une fonction de protection, par exemple en cas de choc physique. C’est le cas de la graisse localisée sur les mains, les pieds ou le visage.

Aussi, la nature et les fonctions des deux types de graisse varient sensiblement.

En outre, la localisation de la graisse brune et de la graisse blanche diffèrent. La graisse blanche se concentre essentiellement :

  • Au niveau du thorax, chez l’homme (abdomen, épaules, cou)
  • Au niveau du bas du corps, chez la femme (ventre, hanches, fesses, cuisses)

Les femmes, mieux pourvues en graisse brune que les hommes, le sont également en tissu adipeux blanc : de 20 à 25% de la masse corporelle totale pour une femme, de 10 à 15% pour un homme.

Enfin, depuis quelques années, les scientifiques observent un troisième type de graisse : le tissu adipeux beige. Cette graisse correspondrait en fait à des adipocytes bruns, présents dans le tissu adipeux blanc. La communauté scientifique s’intéresse particulièrement à la graisse beige, car :

  • Elle agirait comme la graisse brune en termes de consommation d’oxygène et d’énergie, car sa fonction serait purement thermogénique.
  • Sa présence dans le tissu adipeux blanc pourrait être « activée » par une exposition au froid; on parle alors de thermogénèse adaptative(3).

Pourquoi la graisse brune intéresse-t-elle les scientifiques ?

Le tissu adipeux brun est sujet de nombreuses études actuellement. En effet, le taux de masse graisseuse brune d’un individu serait en fait corrélé avec son IMC. Plus une personne serait dotée en graisse brune, et plus elle aurait de chances de rester mince(4). Il aurait été démontré que les individus bien pourvus en graisse brune présenteraient une masse adipeuse totale, une graisse viscérale et un LDL cholestérol (le « mauvais » cholestérol) moindres(5). Enfin, une étude de 2017(6) aurait montré que lors d’une exposition au froid, la graisse brune serait activée et aura pour répercussions d’accroître le métabolisme du glucose sans pour autant engendrer une hausse de la sécrétion d’insuline.

Des découvertes majeures, qui invitent un questionnement significatif pour la prise en charge de l’obésité. Aujourd’hui encore, les scientifiques se demandent si :

  • Certains cas de surpoids et d’obésité pourraient s’expliquer par une faible dotation en graisse brune, chez certains individus(7).
  • Activer la graisse brune et surtout, pousser le corps à produire de la graisse beige, pourraient enclencher la perte de poids.

Peut-on « activer » sa graisse brune et ainsi, maigrir ?

Les études sur la graisse brune et la graisse beige sont encore trop peu avancées à ce sujet. Certaines affirment que des expositions au froid pourraient enclencher l’activité de la graisse brune et/ou le développement de graisse beige et ainsi accroître la dépense énergétique globale de l’organisme(8). Néanmoins la recherche en est à ses prémices et les expériences actuelles sont, pour la plupart, conduites sur des animaux. Elles visent essentiellement à confirmer que des expositions régulières à des températures froides, couplées à des apports énergétiques maitrisés (via l’alimentation) pourraient activer la graisse brune, par nécessité de thermogénèse par le corps. L’avenir nous dira donc si des « cures de froid » pourraient vraiment aider à maigrir.

Références

(1) 2010, Pfannenberg et al., Impact of Age on the Relationships of Brown Adipose Tissue With Sex and Adiposity in Humans

(2) 2009, Cypess et al., Identification and importance of brown adipose tissue in adult humans

(3) 2014, Métrat, Tissu adipeux brun et tissu adipeux beige : données actuelles

(4) 1979, Himms-Hagen, Obesity may be due to a malfunctioning of brown fat

(5) 2014, Matsushita, Yoneshiro, Aita, Kameya, Sugie, Saito, Impact of brown adipose tissue on body fatness and glucose metabolism in healthy humans

(6) 2017, Iwen et al., Cold-Induced Brown Adipose Tissue Activity Alters Plasma Fatty Acids and Improves Glucose Metabolism in Men

(7) 1993, Lowell, Susulic, Hamann, Lawitts, Himms-Hagen, Boyer, Kozak, Flier, Development of obesity in transgenic mice after genetic ablation of brown adipose tissue

(8) 2016, Hoffmann, Larson, Pfeifer, cGMP and Brown Adipose Tissue – PubMed

 

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