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Adolescents confrontés à la violence : risques face à l’obésité

Les adolescents consomment plus de nourriture et de sodas quand ils ont été exposés à la violence selon une nouvelle étude (1). Ces comportements, en particulier l’augmentation de la consommation de soda, sont des prédicteurs importants du gain de poids.

Adolescents confrontés à la violence : risques face à l'obésité
(Adolescents confrontés à la violence : risques face à l’obésité)

Plus de 20% des adolescents américains sont catégorisés comme obèses. Les taux d’obésité sont plus élevés chez les enfants à faible revenu, et encore plus chez les enfants hispaniques et afro-américains âgés de 12 à 19 ans.

L’étude

Les conclusions de cette nouvelle étude, parue le 31 Juillet 2017 dans la revue scientifique Social Science & Medicine sont claires : les enfants exposés à la violence présentent un risque accru d’obésité. Toutefois, les chercheurs précisent qu’ils ne savent pas expliquer le lien de cause à effet entre violence et obésité.

Les adolescents ont reçu des smartphones programmés pour les inciter à effectuer une enquête trois fois par jour pendant 30 jours.
« Les adolescents ont fourni des données quotidienne sur leur mode de vie grâce à l’utilisation quotidienne de smartphones qui leur avaient été prêtés. Nous avons ainsi pu récupérer des informations sur leurs sommeils et leurs activités à partir de ces appareils », a déclaré Candice Odgers, professeur à l’École sanitaire de Sanford et co-auteur de l’étude.

L’étude s’est faite sur la base d’un groupe à risque d’adolescents en Californie (étude miLife). Ce groupe était constitué de 151 adolescents âgés de 12 à 15 ans, dans des quartiers à faible revenu. Ils ont comparé ces données à celle d’une étude similaire sur 395 étudiants des écoles publiques de Caroline du Nord (qui étaient plus représentatives de la population dans son ensemble, étude RISE). Au 546 adolescents ont donc participé aux études, soit un échantillon plutôt représentatif.

Les adolescents étaient encadrés par au moins un parent participant. L’enquête incluait, initialement, un calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC). Cet IMC a également été à nouveau calculé 18 mois plus tard (preuve qu’une fois de plus l’IMC a servi de référence en matière de mesure de l’évolution du surpoids). Le résumé de l’étude n’indique pas comment a été calculé précisément l’IMC, mais il est important de noter qu’en deça de 18 ans, l’IMC est normalement calculé différemment par rapport à celui d’un adulte (voir notre page dédiée accessible via le menu du site).

Obésité et violence

Les adolescents ont renseigné, via le smartphone qui leur avait été prêté, leur exposition à la violence chaque jour, leur consommation de fast-food, de boissons (dont soda), leur consommation de fruits et de légumes et leur activité physique. Ils ont également enregistré leurs heures de sommeil, leur qualité de sommeil et leur fatigue. Pour évaluer l’exposition à la violence, les enquêtes ont demandé si les adolescents avaient été témoins d’un combat physique à la maison, à l’école, dans leurs quartiers ou bien ailleurs.

Au final :

  • Les adolescents californiens (ceux issus des quartiers à faibles revenus) ont signalé des régimes malsains au moment où ils ont été exposés à la violence et ont déclaré avoir plus de fatigue les jours qui suivent cette exposition. Les choix alimentaires malsains incluaient surtout une consommation accrue de soda.
  • Les adolescents de Caroline du Nord ont également déclaré être plus fatigué les jours suivant l’exposition à la violence. Cependant, ils n’ont pas signalé une augmentation de la consommation malsaine de régime alimentaire malsaine.
  • Les deux groupes ont signalé une activité physique accrue les jours où ils ont été exposés à la violence, ce à quoi ne s’attendaient pas forcément les scientifiques.

Cette étude fournit des preuves que l’exposition à la violence est associée à une alimentation malsaine chez les adolescents à risque.

Conclusions

Le début de l’adolescence est une période clé pour le développement d’habitudes alimentaires et de stratégies pour faire face au stress. De nombreux enfants, en particulier ceux qui grandissent dans les quartiers à faibles revenus, sont confrontés de manière quotidienne à la violence. Ces résultats peuvent être particulièrement utiles pour mieux faire face aux problèmes de disparités de santé chez les enfants.

Pour rappel, l’étude s’est faite aux États-Unis. Néanmoins, les conclusions pourraient s’appliquer en Europe.

Sources et références

(1) Joy Rayanne Piontak. Violence exposure and adolescents’ same-day obesogenic behaviors: New findings and a replication. Social Science & Medicine. 31 Juillet 2017. DOI: 10.1016/j.socscimed.2017.07.004

Au sujet de l'auteur de l'article

Mickaël DELAUNAY est le propriétaire de CalculerSonIMC. Il s'occupe de toute la gestion du site et publie régulièrement des articles en lien avec l'actualité récente de la Santé.
Cet article a été publié dans la catégorie Études.

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