Les hommes préfèrent-ils les femmes minces ?
Pas partout, ni de la même façon. Dans une enquête menée en 2007 dans 13 pays, la silhouette féminine jugée idéale variait fortement : mince ou très mince pour 81 % des personnes interrogées en Corée du Sud, idéal mince minoritaire en Irlande ou en Nouvelle-Zélande.
Ces idéaux étaient exprimés par les femmes comme par les hommes, et ils varient selon le pays, le milieu social et l’exposition aux médias. Chez l’adulte, un IMC de 18,5 à 24,9 correspond à une corpulence dite normale : maigrir pour plaire n’est pas une raison de faire un régime.
Non, les études ne montrent pas que tous les hommes préfèrent les femmes minces. Les préférences varient selon les pays, les milieux sociaux et l’exposition aux médias. Elles ne permettent pas non plus de savoir ce qui attire un homme en particulier.
Pour comprendre ces résultats, il faut distinguer trois sujets : les idéaux de beauté, les jugements portés sur des silhouettes et les repères médicaux comme l’indice de masse corporelle (IMC).
Les idéaux féminins changent selon les pays
En 2007, le Programme international d’enquêtes sociales, ou International Social Survey Programme (ISSP), a interrogé environ 20 000 personnes dans 13 pays de quatre continents. Les participants devaient choisir, parmi quatre silhouettes, leur idéal féminin et leur idéal masculin : très mince, mince, corpulente ou très corpulente.
Delphine Robineau et Thibaut de Saint Pol ont analysé ces réponses pour l’Institut national d’études démographiques (Ined), dans Population & Sociétés en octobre 2013. Les femmes participaient elles aussi à l’enquête. Les résultats ne décrivent donc pas uniquement ce que « préfèrent les hommes » : ils montrent des représentations partagées par les personnes interrogées.
- En Corée du Sud, 81 % des participants choisissaient une silhouette mince ou très mince comme idéal féminin, et 80 % comme idéal masculin.
- En France, ces proportions atteignaient 53 % pour l’idéal féminin et 37 % pour l’idéal masculin.
- Aux Philippines, 53 % des personnes interrogées retenaient une silhouette mince ou très mince comme idéal féminin.
- En Irlande, en Uruguay, en Nouvelle-Zélande et en République dominicaine, l’idéal féminin mince ou très mince restait minoritaire.
Dans les données françaises de cette enquête, six femmes sur dix déclaraient vouloir perdre du poids. Ce résultat correspond à la période étudiée et ne permet pas de décrire toutes les femmes aujourd’hui. Pour comparer ces perceptions aux données de population, consultez aussi les statistiques de poids et de taille en France.
La minceur n’est pas une catégorie médicale
Dans le langage courant, une femme mince est généralement perçue comme fine sans être maigre. Cette appréciation visuelle n’a pas de définition médicale précise. Pour situer la corpulence d’un adulte, les professionnels utilisent notamment l’IMC, calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres.
Une personne qui mesure 1,65 m et pèse 55 kg a ainsi un IMC de 20,2. Chez l’adulte, la classification distingue l’insuffisance pondérale en dessous de 18,5, une corpulence dite normale de 18,5 à 24,9, le surpoids de 25 à 29,9 et l’obésité à partir de 30.
L’IMC reste un indicateur général. Il ne mesure ni la répartition des graisses ni la masse musculaire. Deux personnes ayant un IMC proche peuvent donc avoir des silhouettes différentes. À l’inverse, une personne peut paraître mince tout en ayant un IMC situé dans la zone normale.
Si vous utilisez la balance minceur connectée Cellublue, gardez cette distinction en tête : une mesure de poids ne renseigne pas sur l’attirance ni sur la valeur d’une silhouette.
Le rapport entre la taille et les hanches
Dans des travaux publiés en 1993, le psychologue Devendra Singh, de l’université du Texas à Austin, a présenté différentes silhouettes féminines à de jeunes hommes, puis à des hommes âgés de 25 à 85 ans.
Les participants jugeaient plus attirantes, et d’apparence plus saine, les silhouettes dont le rapport taille-hanches était bas. Leur taille était relativement plus fine que leurs hanches. Le critère étudié portait donc sur la répartition des formes, pas sur un poids précis à atteindre.
Ces résultats décrivent les réponses recueillies dans un protocole donné. Ils ne constituent pas une évaluation médicale et ne définissent pas une silhouette attirante pour tout le monde.
Le milieu social et les médias influencent les réponses
L’International Body Project, publié en 2010, a interrogé 7 434 personnes dans 26 pays et dix grandes régions du monde. L’étude portait sur la silhouette féminine idéale et prenait notamment en compte l’âge, l’IMC des participants, le milieu social et l’exposition aux médias occidentaux.
Dans les milieux aisés, l’idéal déclaré variait peu d’une région à l’autre et la minceur était souvent valorisée. En Malaisie et en Afrique du Sud, les participants de milieux modestes préféraient des silhouettes plus rondes que ceux de milieux aisés. Cette différence n’était pas observée en Autriche.
La corpulence moyenne d’une population ne suffit pas non plus à prévoir ses préférences. Aux Philippines, l’IMC moyen des femmes était de 22,0 dans les données citées, tandis que 53 % des personnes interrogées choisissaient une silhouette féminine mince ou très mince.
Les goûts ne dépendent donc pas d’un seul facteur. Ils se forment dans un contexte social et culturel, et peuvent évoluer avec l’âge, l’environnement et les représentations diffusées par les médias.
Faut-il perdre du poids pour plaire ?
Les enquêtes ne peuvent pas vous dire ce qu’une personne attend dans une relation. Elles ne justifient pas de commencer un régime pour répondre à une préférence supposée, en particulier lorsque votre IMC se situe déjà dans la zone normale.
Dans son avis de 2011, l’Anses décrit les risques associés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Elle rapporte une estimation selon laquelle 80 % des personnes ayant suivi un régime reprennent du poids un an après. Ce chiffre appartient à l’avis cité et ne prédit pas l’évolution de chaque personne.
Lorsque le poids ou la silhouette occupent une place importante dans vos préoccupations, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé. Pour remettre certaines idées alimentaires en contexte, vous pouvez également consulter nos articles « Les fruits font-ils grossir ? » et sur les sucres rapides.
Questions fréquentes
Les hommes préfèrent-ils vraiment les femmes minces ?
Pas de façon universelle. Dans l’enquête menée en 2007 dans 13 pays, l’idéal féminin mince ou très mince dominait en Corée du Sud, mais restait minoritaire en Irlande, en Uruguay, en Nouvelle-Zélande et en République dominicaine. Les réponses venaient des hommes comme des femmes.
La minceur est-elle un idéal en France ?
Dans cette enquête, elle était davantage choisie pour la silhouette féminine que pour la silhouette masculine : 53 % contre 37 %. Ces proportions décrivent les réponses recueillies à cette date et ne constituent pas une mesure actuelle de toutes les préférences.
Peut-on paraître mince avec un IMC normal ?
Oui. La minceur est une appréciation de l’apparence, tandis que l’IMC situe la corpulence à partir du poids et de la taille. Ces deux notions ne se confondent pas.
Sources
- Delphine Robineau et Thibaut de Saint Pol, « Les normes de minceur : une comparaison internationale », Population & Sociétés, Ined, 2013.
- Devendra Singh, « Adaptive significance of female physical attractiveness: role of waist-to-hip ratio », Journal of Personality and Social Psychology, 1993.
- Virén Swami et al., « The attractive female body weight and female body dissatisfaction in 26 countries across 10 world regions: results of the International Body Project I », Personality and Social Psychology Bulletin, 2010.
- Haute Autorité de santé, Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours, 2011.
- Anses, Avis relatif à l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, saisine n° 2009-SA-0099, 4 mai 2011.
Rédaction CalculerSonIMC · Mis à jour le · Comment nous travaillons (méthodologie) · Signaler une erreur
Ces informations sont générales ; elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un diététicien.



