Une étude menée dans plus de 600 communes et établissements scolaires (collèges et lycées) démontre que la malbouffe se développe dans ces établissements afin de faire des économies ou de proposer une restauration rapide au détriment de la santé des enfants.
Les résultats de l’étude UFC-Que Choisir
L’étude de l’UFC que Choisir démontre bien qu’il y a un réel problème dans les cantines des établissements scolaires en particulier dans les collèges et les lycées. L’étude démontre que les secteurs publics et privés sont tous les deux concernés et même que le privé aurait tendance à proposer plus de malbouffe que le public ! Elle met également en avant que les ingrédients dits chers comme le poisson, la viande, les crudités et les fruits frais, sont bien souvent remplacés par des produits hachés bon marché. Ce choix ainsi que la restauration sous forme de self augmentent considérablement la présence de produits gras et sucrés néfastes à la santé en particulier celles d’adolescents et jeunes adultes.
L’étude que l’on peut retrouver sur le site Que choisir (voir les sources, en fin d’article, pour accéder à l’étude complète au format PDF) est très complète en proposant même pour ceux que cela intéressent l’analyse détaillée des menus des 606 communes et établissements scolaires ayant servis à cette étude.
Des menus déséquilibrés malgré les réglementations
L’étude de 27 pages nous démontre bien que les établissements proposent des produits qui correspondent aux goûts des élèves mais aussi des produits de coût assez faible n’ayant pas de réelle valeur nutritive ou de bienfaits sur la santé. Il y a tout de même des progrès qui ont été faits comme la présence de féculents, de légumes et de produits laitiers pour ainsi varier les menus.
Malgré le décret et l’arrêté du 30 septembre 2011 relatifs à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire, de nombreux établissements ne respectent pas les fréquences de service recommandées. Le décret impose notamment :
- Au moins un plat de poisson ou de viande non hachée par semaine
- Au moins un fruit frais en dessert par semaine
- Des crudités et des légumes cuits à chaque service
- Une limitation des produits frits et des produits gras
- L’interdiction du sel en libre service et la limitation des sauces
L’impact de la malbouffe à la cantine sur la santé des jeunes
Les conséquences d’une alimentation déséquilibrée à l’école sont multiples et préoccupantes. Les jeunes qui fréquentent quotidiennement la cantine y prennent en moyenne 4 à 5 repas par semaine, soit près de 140 repas par an scolaire. La qualité de ces repas a donc un impact considérable sur leur santé.
Les effets d’une alimentation trop riche en graisses et en sucres chez les adolescents incluent :
- Surpoids et obésité : en France, près de 17 % des enfants de 6 à 17 ans sont en surpoids, dont 4 % en situation d’obésité
- Troubles de la concentration : un repas trop gras et trop sucré provoque une somnolence post-prandiale qui nuit aux apprentissages de l’après-midi
- Carences en micronutriments : fer, calcium, vitamines essentielles à la croissance peuvent manquer lorsque les fruits, légumes et protéines de qualité sont insuffisants
- Mauvaises habitudes alimentaires : les préférences alimentaires se construisent largement pendant l’enfance et l’adolescence
Que peuvent faire les parents ?
Les parents jouent un rôle essentiel pour compenser les éventuelles carences de la cantine et éduquer les enfants à une alimentation équilibrée :
- Consulter les menus : la plupart des établissements affichent les menus en ligne, permettant d’adapter les repas du soir en conséquence
- Participer aux commissions de menus : les parents délégués peuvent siéger dans les commissions qui élaborent les menus scolaires
- Éduquer au goût à la maison : proposer des fruits, des légumes variés et des plats cuisinés maison
- Surveiller le poids des enfants : utiliser les courbes de croissance et calculer régulièrement l’IMC de l’enfant pour repérer un éventuel surpoids
- Limiter les produits ultra-transformés au goûter et au petit-déjeuner
Les pistes d’amélioration pour les cantines
Plusieurs initiatives encourageantes se développent en France :
- La loi EGalim (2018) impose 50 % de produits durables et de qualité dont 20 % de bio dans les cantines scolaires
- Le développement des circuits courts et des partenariats avec les producteurs locaux
- La formation des personnels de cuisine aux techniques de cuisine saine
- L’introduction de menus végétariens hebdomadaires obligatoires depuis 2019
Il faut espérer que ces mesures contribueront à améliorer la qualité nutritionnelle des repas scolaires et à protéger la santé des jeunes Français.
Questions fréquentes
Les cantines scolaires respectent-elles la loi sur la nutrition ?
Pas toujours. Malgré le décret de 2011 et la loi EGalim, de nombreux établissements peinent à respecter les fréquences de service recommandées pour les fruits frais, le poisson et les crudités, principalement pour des raisons de coût.
Mon enfant mange mal à la cantine, que faire ?
Commencez par consulter les menus affichés, participez aux commissions de menus si possible, et compensez le soir avec des repas équilibrés riches en légumes, fruits et protéines de qualité. Surveillez également le poids de votre enfant via les courbes de croissance.
La malbouffe à l’école peut-elle rendre un enfant obèse ?
La cantine seule ne rend pas un enfant obèse, mais une alimentation déséquilibrée à l’école, combinée à de mauvaises habitudes à la maison et à un manque d’activité physique, constitue un facteur de risque important de surpoids et d’obésité infantile.
Sources de l’article
Étude UFC-Que Choisir (PDF)
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