Défrayant la chronique depuis plusieurs jours (notamment fin Juillet), nous avons souhaité relayer ce fait divers sur CalculerSonIMC.
Comme l’indique le titre de l’article, il s’agit là d’un individu, immigré, que l’État néo-zélandais souhaite expulser. Albert Buithenhuis, qui réside en Nouvelle-Zélande depuis 2007 avec sa femme Marthie, souffre d’un fort problème d’obésité. À son arrivée il pesait déjà 160 kilos.
L’affaire Albert Buithenhuis
Albert et son épouse sont employés comme chef et serveuse dans un restaurant, et n’ont jamais eu de problèmes liés au poids d’Albert. Cependant, aujourd’hui le couple s’est retrouvé dans une situation délicate car les services d’immigration leur ont notifié le 1er mai 2013, que leurs visas (de travail) ne seraient pas reconduits et qu’ils allaient donc de ce fait être expulsés du territoire. Pourtant, Albert pèse aujourd’hui près de 130 kilos, soit 30 kilos de moins qu’à son arrivée ! De plus, le couple s’est installé en Nouvelle Zélande il y a près de 6 ans.
L’affaire s’est ébruitée surtout en fin de mois dernier. La page Facebook du couple, créée le 26 Juillet, y est peut-être pour quelque chose. Elle est disponible à l’adresse suivante : https://www.facebook.com/albertandmarthie.
Le poids comme motif d’expulsion
Selon les sources officielles, la raison de cette expulsion ne serait autre que le problème d’obésité dont souffre Albert et qui selon le gouvernement engendrerait (ou bien pourrait engendrer, dans le futur) de trop gros frais en terme de santé et de protection sociale, que ce dernier ne serait pas prêt à prendre en charge. Cette décision qui peut sembler choquante et totalement discriminatoire, s’inscrit pourtant dans la nouvelle politique de lutte contre l’obésité en vigueur dans le pays qui n’est pas épargné par les problèmes d’obésité.
À l’heure actuelle, le couple est encore en Nouvelle Zélande (à Auckland, avec la sœur d’Albert) et il continue de lutter contre le gouvernement.
Depuis le 12 Août 2013, le couple a lancé, via leur page Facebook, une demande de dons afin de les aider. La page compte 346 mentions « J’aime » à l’heure actuelle.
L’obésité et les politiques migratoires : un phénomène mondial
Le cas d’Albert Buithenhuis n’est pas isolé. Plusieurs pays intègrent désormais des critères de santé, dont le poids, dans l’évaluation des demandes d’immigration. La Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni pratiquent des examens médicaux qui peuvent conduire au refus de visa si le candidat présente un risque de coûts médicaux trop élevés pour le système de santé.
En Nouvelle-Zélande, la politique d’immigration stipule qu’un candidat doit présenter un « acceptable standard of health » (niveau de santé acceptable). Un IMC très élevé peut être considéré comme un facteur de risque médical suffisant pour justifier un refus. Cette politique est controversée car elle soulève plusieurs questions éthiques :
- La discrimination fondée sur le poids est-elle acceptable ?
- Un individu qui fait des efforts pour perdre du poids (comme Albert, qui avait perdu 30 kg) mérite-t-il d’être pénalisé ?
- Le coût potentiel pour le système de santé justifie-t-il l’expulsion d’une personne intégrée et active économiquement ?
L’obésité en Nouvelle-Zélande : un pays lui-même touché
L’ironie de la situation n’échappe pas aux observateurs. La Nouvelle-Zélande est elle-même l’un des pays les plus touchés par l’obésité dans le monde développé. Le taux d’obésité chez les adultes néo-zélandais dépasse 30 %, plaçant le pays au troisième rang des pays de l’OCDE, derrière les États-Unis et le Mexique.
Les populations maories et pacifiques sont particulièrement affectées, avec des taux d’obésité atteignant respectivement 50 % et 66 %. Le gouvernement néo-zélandais investit des millions de dollars chaque année dans des programmes de prévention de l’obésité pour sa propre population.
La stigmatisation des personnes obèses : un frein au traitement
Cette affaire illustre un problème plus large : la grossophobie, c’est-à-dire la discrimination et la stigmatisation fondées sur le poids. Les recherches en psychologie et en santé publique montrent que cette stigmatisation est non seulement injuste mais aussi contre-productive :
- Elle augmente le stress et le cortisol, favorisant paradoxalement la prise de poids
- Elle décourage les personnes obèses de consulter des professionnels de santé
- Elle favorise les troubles du comportement alimentaire (boulimie, hyperphagie)
- Elle réduit l’activité physique par peur du regard des autres
Questions fréquentes
Peut-on être expulsé d’un pays à cause de son poids ?
Oui, certains pays (Nouvelle-Zélande, Canada, Australie) intègrent des critères de santé dans les procédures d’immigration. Un IMC très élevé peut être considéré comme un facteur de risque de coûts médicaux excessifs et conduire au refus ou au non-renouvellement d’un visa.
L’obésité est-elle un motif de discrimination reconnu ?
Dans la plupart des pays, l’obésité n’est pas explicitement protégée par les lois anti-discrimination. Cependant, de plus en plus de voix s’élèvent pour reconnaître la grossophobie comme une forme de discrimination et la combattre juridiquement.
Quel est le taux d’obésité en Nouvelle-Zélande ?
Le taux d’obésité chez les adultes néo-zélandais dépasse 30 %, ce qui place le pays parmi les plus touchés de l’OCDE. Les populations maories et pacifiques sont particulièrement affectées avec des taux de 50 % et 66 % respectivement.
Sources
The Press NZ (« trop gros pour vivre ici ») : https://www.stuff.co.nz/the-press/news/8970683/Too-fat-to-live-here
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