L’hypnose aide-t-elle à maigrir ?
Elle peut aider certaines personnes à mieux maîtriser leur comportement alimentaire, mais son effet sur le poids reste modeste et incertain.
Dans un essai français publié en 2022 (80 adultes en obésité), le score d’impulsivité alimentaire a davantage diminué avec 8 séances d’hypnose ajoutées à des ateliers nutritionnels ; l’écart de poids après 8 mois (1,8 kg) n’était pas statistiquement significatif. Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé : parlez-en à votre médecin, surtout en cas de trouble du comportement alimentaire.
L’hypnose peut accompagner une démarche de perte de poids en travaillant sur certains comportements alimentaires, comme le grignotage, les envies liées aux émotions ou l’impulsivité alimentaire. Les études disponibles restent peu nombreuses et ne permettent pas de garantir une perte de poids. Pour l’envisager, définissez d’abord le comportement que vous souhaitez modifier, puis parlez-en à un professionnel formé.
Quel rôle l’hypnose peut-elle jouer ?
L’hypnose ne fait pas perdre du poids à elle seule. Dans les études disponibles, elle intervient en complément de conseils sur l’alimentation, les habitudes de vie ou le comportement. Le travail peut porter sur les situations dans lesquelles vous mangez sans faim, les automatismes du quotidien ou la difficulté à interrompre une prise alimentaire.
Une séance peut vous aider à observer ce qui précède une envie de manger : stress, fatigue, ennui ou contrariété, par exemple. L’objectif consiste à mieux repérer ces situations et à chercher une réponse adaptée. Il ne s’agit pas de supprimer toute envie de manger ni de contrôler parfaitement votre alimentation.
Les résultats varient selon les personnes et selon la difficulté traitée. Une amélioration du comportement alimentaire ne se traduit pas forcément par une baisse du poids. Les promesses de perte rapide, de résultat garanti ou d’un nombre précis de kilos doivent donc vous inciter à la prudence.
Que disent les études sur l’hypnose et la perte de poids ?
Le rapport de l’Inserm consacré à l’hypnose en 2015 ne portait pas spécifiquement sur le surpoids et l’obésité. Il relevait un intérêt thérapeutique potentiel dans certaines indications, notamment l’anesthésie et le syndrome de l’intestin irritable, mais des données insuffisantes dans d’autres domaines. Ces conclusions ne permettent pas de présenter l’hypnose comme une méthode établie pour perdre du poids.
Un essai français publié en 2022, appelé HYPNODIET, a étudié 82 adultes présentant une obésité et une forte impulsivité alimentaire. Les participants ont suivi huit ateliers d’éducation nutritionnelle. La moitié a également reçu huit séances d’hypnose et appris l’autohypnose. Après huit mois, le score de désinhibition alimentaire avait davantage diminué dans le groupe ayant pratiqué l’hypnose.
La différence de poids entre les groupes était de 1,8 kg en faveur de l’hypnose, mais elle n’était pas statistiquement significative. La différence d’IMC, de 0,8 point, l’était. Ce résultat ne suffit pas à établir un effet certain de l’hypnose sur le poids. Les auteurs indiquent que les connaissances disponibles ne permettent pas encore de conclure définitivement.
Une autre étude menée en Malaisie a suivi 107 adultes en surpoids ou en situation d’obésité pendant douze semaines. Tous ont reçu des conseils sur l’alimentation, l’activité physique et le comportement. La moitié a bénéficié de trois séances d’hypnothérapie, à raison d’une séance par mois. Parmi les 104 participants allés au terme de l’étude, la perte de poids moyenne était de 4,6 % dans le groupe hypnose, contre 3,0 % dans l’autre groupe.
Les auteurs qualifient toutefois leur travail d’étude quasi expérimentale. Ses résultats doivent donc être confirmés par d’autres recherches. Les données actuelles suggèrent que l’hypnose pourrait aider certaines personnes à modifier leur comportement alimentaire, sans permettre de prévoir le nombre de kilos perdus.
Comment se déroule une séance ?
Une séance commence généralement par un échange sur vos habitudes, vos difficultés et votre objectif. Le praticien vous guide ensuite par la voix vers un état de concentration et de relâchement. L’hypnose n’est pas un sommeil : vous restez conscient et participez à la démarche.
Le contenu dépend de la méthode utilisée et du comportement ciblé. Le praticien peut vous proposer de porter votre attention sur vos sensations, d’imaginer une situation précise ou de préparer une réponse à un moment difficile. L’autohypnose peut également être enseignée afin que vous puissiez refaire certains exercices entre les séances.
Aucun protocole ni aucun nombre de séances ne s’impose à tout le monde. Dans les deux études citées, les participants ont suivi trois à huit séances, toujours en complément d’un accompagnement nutritionnel. Avant de commencer, demandez ce que comprend le suivi, comment il sera évalué et quelles sont ses limites.
Quand demander un avis médical ?
Parlez de votre projet à votre médecin si vous vivez avec une maladie chronique, si vous prenez un traitement ou si votre poids évolue rapidement. L’hypnose ne doit jamais vous conduire à arrêter un traitement ou à retarder une prise en charge nécessaire.
Les troubles du comportement alimentaire demandent une attention particulière. La boulimie, l’hyperphagie boulimique et l’anorexie relèvent d’une prise en charge médicale. Pour la boulimie et l’hyperphagie boulimique, la Haute Autorité de santé recommande une prise en charge d’emblée pluridisciplinaire. L’Assurance maladie indique que la thérapie comportementale et cognitive est recommandée en première intention. L’hypnose ne la remplace pas.
Vous pouvez demander de l’aide si les préoccupations liées au poids ou à l’alimentation occupent une place importante dans votre quotidien. Un médecin, un psychologue ou un diététicien pourra vous orienter selon vos besoins. Vous pouvez aussi consulter notre guide sur la perte de poids en situation de sédentarité.
Comment choisir un hypnothérapeute ?
Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé et les formations sont hétérogènes. Vérifiez donc le métier d’origine du praticien, sa formation et son expérience. Un professionnel de santé ou un psychologue formé à l’hypnose pourra vous orienter si la difficulté dépasse le seul comportement alimentaire.
Méfiez-vous des personnes qui promettent une perte de poids précise, une disparition immédiate des envies ou un résultat garanti. Un praticien ne doit pas vous demander d’arrêter un traitement. Évitez aussi de payer à l’avance un forfait important avant d’avoir compris les conditions du suivi.
Quelles habitudes peuvent compléter la démarche ?
Si vous choisissez d’essayer l’hypnose, notez les moments où vous mangez sans faim, les émotions présentes et les circonstances qui favorisent ces prises alimentaires. Ce carnet peut servir de support aux échanges avec le professionnel.
Une alimentation adaptée, une activité physique régulière et un accompagnement médical ou diététique lorsque cela est nécessaire restent les bases d’une démarche globale. Pour approfondir les différentes approches alimentaires, vous pouvez lire notre article consacré à la sèche pour maigrir, en gardant à l’esprit qu’une méthode particulière ne convient pas à tout le monde.
L’IMC peut fournir un repère général, mais il ne constitue pas à lui seul un diagnostic. Pour replacer la question du poids dans un contexte particulier, consultez aussi notre dossier sur la perte de poids à la ménopause. Les conseils généraux sur l’alimentation peuvent également être rapprochés de notre article sur le rôle du fromage dans la prise de poids.
Sources
- Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, rapport, 2015.
- Delestre F, Lehéricey G, Estellat C et al., « Hypnosis reduces food impulsivity in patients with obesity and high levels of disinhibition: HYPNODIET randomized controlled clinical trial », American Journal of Clinical Nutrition, 2022.
- Roslim NA, Ahmad A, Mansor M et al., « Does hypnosis result in greater weight loss compared to conventional approach? », American Journal of Clinical Hypnosis, 2022.
- Haute Autorité de santé, Boulimie et hyperphagie boulimique : repérage et éléments généraux de prise en charge.
- Assurance maladie, Boulimie et hyperphagie boulimique : traitement.
- Comment maigrir quand on est sédentaire ? Guide pour les travailleurs de bureau.
- Comment faire une sèche pour maigrir ?.
- Régime pour femme de 50 ans : comment maigrir à la ménopause.
- Comment le fromage peut-il aider à grossir ?.
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Ces informations sont générales ; elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un diététicien.



