L’hypnose aide-t-elle à maigrir ?
Elle peut aider certaines personnes à mieux maîtriser leur comportement alimentaire, mais son effet sur le poids reste modeste et incertain.
Dans un essai français publié en 2022 (80 adultes en obésité), le score d’impulsivité alimentaire a davantage diminué avec 8 séances d’hypnose ajoutées à des ateliers nutritionnels ; l’écart de poids après 8 mois (1,8 kg) n’était pas statistiquement significatif. Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé : parlez-en à votre médecin, surtout en cas de trouble du comportement alimentaire.
L’hypnose est parfois proposée pour aider à perdre du poids, en travaillant sur le comportement alimentaire : grignotage, envies de manger liées aux émotions, difficulté à changer d’habitudes. Les études sont encore peu nombreuses : l’hypnose peut accompagner une démarche de perte de poids, mais elle ne remplace ni une alimentation adaptée ni un suivi médical.
Qu’est-ce que l’hypnose ?
Selon le rapport de l’Inserm sur l’hypnose (2015), la pratique associe un état de conscience modifiée, appelé état hypnotique, et une relation particulière entre la personne et le praticien. Ce n’est pas un sommeil : une définition citée dans ce rapport parle d’un « champ de conscience élargi ».
Le mot recouvre des pratiques assez différentes : l’hypnosédation, utilisée en anesthésie, l’hypnoanalgésie, contre la douleur, et l’hypnothérapie, à visée psychothérapeutique. L’hypnose proposée pour maigrir relève de l’hypnothérapie ; l’essai HYPNODIET, présenté plus bas, a utilisé l’hypnose dite ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton Erickson.
Hypnose et perte de poids : que disent les études ?
En 2015, l’Inserm a évalué l’efficacité de l’hypnose. Il lui reconnaît un intérêt thérapeutique potentiel, en particulier pendant une anesthésie et dans le syndrome de l’intestin irritable, et juge les données insuffisantes, voire décevantes, dans d’autres indications comme l’arrêt du tabac. Le surpoids et l’obésité ne figuraient pas parmi les indications évaluées.
Un essai français : HYPNODIET
Dans cet essai publié en 2022, 82 adultes en obésité (IMC de 30 à 40) ayant une forte impulsivité alimentaire ont été tirés au sort, et 80 ont été analysés. Tous ont suivi 8 ateliers d’éducation nutritionnelle ; la moitié a eu en plus 8 séances d’hypnose et appris l’autohypnose. Après 8 mois, l’impulsivité alimentaire, mesurée par un score de « désinhibition », avait nettement plus baissé dans le groupe hypnose. La différence de poids entre les groupes, 1,8 kg en faveur de l’hypnose, n’était pas statistiquement significative ; celle de l’IMC, 0,8 point, l’était, mais ce résultat ne suffit pas à lui seul à établir un effet sur le poids. Les auteurs rappellent que les connaissances actuelles ne permettent pas de conclure définitivement sur l’efficacité de l’hypnose.
Une étude en Malaisie
Dans une université malaisienne, 107 adultes en surpoids ou en obésité ont reçu pendant 12 semaines des conseils d’alimentation, d’activité physique et de comportement ; la moitié a eu en plus trois séances d’hypnothérapie, une par mois. Sur les 104 qui sont allés au bout, le groupe hypnose a perdu en moyenne 4,6 % de son poids, contre 3,0 % pour l’autre groupe. Dans les deux groupes, le tour de taille et le pourcentage de graisse n’ont pas changé de façon significative par rapport au départ. Les auteurs la présentent comme une étude « quasi expérimentale » : ses résultats restent à confirmer.
En résumé, l’hypnose peut aider certaines personnes à mieux maîtriser leur comportement alimentaire, avec un effet sur le poids modeste et encore incertain. Méfiez-vous des promesses de résultats rapides ou garantis.
Comment se passe une séance ?
Il n’existe pas de protocole unique. Une séance commence en général par un échange sur vos habitudes et votre objectif, avant la phase d’hypnose guidée par la voix du praticien. Dans les études citées, l’hypnose venait toujours en complément d’un programme nutritionnel : 8 séances dans HYPNODIET, 3 séances, une par mois, dans l’étude malaisienne, avec l’apprentissage de l’autohypnose à pratiquer chez soi.
En 2015, le rapport de l’Inserm indiquait que l’Assurance maladie ne rembourse pas les séances d’hypnose : lorsqu’un médecin conventionné pratique l’hypnose pendant une consultation, seule la consultation reste prise en charge, selon les règles habituelles. Certaines complémentaires santé proposent un remboursement partiel ou forfaitaire. Renseignez-vous auprès de votre caisse et de votre complémentaire avant de vous engager.
Pour qui, et quand être prudent ?
L’hypnose peut intéresser une personne qui a déjà essayé de modifier son alimentation mais bute sur des comportements difficiles à changer, comme le grignotage ou les envies de manger liées aux émotions. Dans l’essai HYPNODIET, elle a été testée chez des adultes en obésité ayant une forte impulsivité alimentaire.
- Boulimie, hyperphagie boulimique, anorexie : ce sont des troubles du comportement alimentaire, qui relèvent d’une prise en charge médicale. Pour la boulimie et l’hyperphagie boulimique, la HAS recommande une prise en charge d’emblée pluridisciplinaire, et l’Assurance maladie indique que la thérapie comportementale et cognitive est recommandée en première intention. L’hypnose ne la remplace pas.
- Obésité, maladie chronique ou traitement en cours : parlez-en d’abord à votre médecin, pour que l’hypnose s’intègre à votre suivi.
Comment choisir un hypnothérapeute ?
Selon le rapport de l’Inserm (2015), le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé et les formations sont hétérogènes : il recensait alors une douzaine de formations universitaires, non reconnues par l’Ordre des médecins, et de nombreuses formations associatives ou privées, dont certaines ouvertes à des personnes qui ne sont pas soignantes.
- privilégiez un professionnel de santé ou un psychologue formé à l’hypnose, qui pourra vous orienter si un autre problème apparaît ;
- méfiez-vous d’un praticien qui promet un nombre de kilos ou de séances, qui vous demande d’arrêter un traitement ou qui vous fait payer à l’avance un forfait important ;
- informez votre médecin traitant de votre démarche.
Les autres leviers pour perdre du poids
Si vous la choisissez, l’hypnose s’ajoute aux bases d’une perte de poids : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et, si besoin, l’accompagnement d’un médecin ou d’un diététicien (voir les différences entre diététicien et nutritionniste). Pour situer votre poids, vous pouvez calculer votre IMC : c’est un indicateur, pas un diagnostic.
Questions fréquentes sur l’hypnose pour maigrir
L’hypnose pour maigrir, ça marche vraiment ?
Les études sont encore peu nombreuses. Dans l’essai français HYPNODIET, le score d’impulsivité alimentaire a davantage diminué dans le groupe hypnose, mais la différence de poids après 8 mois (1,8 kg) n’était pas statistiquement significative. Elle peut aider à changer certains comportements, sans garantie sur le nombre de kilos perdus.
Combien de séances d’hypnose faut-il pour maigrir ?
Aucun nombre de séances n’est validé. Les deux études citées sur cette page ont utilisé 3 à 8 séances, toujours en complément de conseils nutritionnels et avec l’apprentissage de l’autohypnose. Méfiez-vous d’un forfait qui garantit un résultat.
L’autohypnose peut-elle suffire ?
Dans ces deux études, l’autohypnose était apprise pendant les séances, en plus d’un programme nutritionnel ; dans l’étude malaisienne, les participants qui la pratiquaient souvent ont perdu davantage de poids, mais cette simple association ne prouve pas que l’autohypnose en soit la cause. Aucune des deux études ne l’a évaluée seule.
L’hypnose peut-elle soigner la boulimie ou l’hyperphagie ?
Ces troubles du comportement alimentaire relèvent d’une prise en charge médicale : la HAS recommande qu’elle soit d’emblée pluridisciplinaire, et l’Assurance maladie indique que la thérapie comportementale et cognitive est recommandée en première intention. Parlez-en à votre médecin avant d’envisager l’hypnose.
Que penser des avis et des forums sur l’hypnose pour maigrir ?
Les témoignages racontent des expériences individuelles : ils ne disent pas ce que l’on peut attendre en moyenne. Les études montrent pour l’instant un effet modeste et incertain sur le poids. Pour décider, parlez-en avec votre médecin.
Sources
- Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, rapport, 2015.
- Delestre F, Lehéricey G, Estellat C et al. Hypnosis reduces food impulsivity in patients with obesity and high levels of disinhibition: HYPNODIET randomized controlled clinical trial. Am J Clin Nutr, 2022;115(6):1637-1645 (notice PubMed).
- Roslim NA, Ahmad A, Mansor M et al. Does hypnosis result in greater weight loss compared to conventional approach? Am J Clin Hypn, 2022;65(2):99-109 (notice PubMed).
- Haute Autorité de santé, Boulimie et hyperphagie boulimique : repérage et éléments généraux de prise en charge.
- Assurance maladie (ameli.fr), Boulimie et hyperphagie boulimique : traitement.
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Ces informations sont générales ; elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un diététicien.



