Vous avez obtenu un IMC de 27 et souhaitez en parler à votre médecin. Le plus utile n’est pas d’arriver avec un objectif de poids déjà fixé, mais avec quelques informations fiables : les données utilisées pour le calcul, leur date, l’évolution de votre poids et ce qui vous préoccupe. Une page de notes peut suffire pour rendre l’échange concret.
Partir du résultat, sans lui faire dire davantage
Exemple fictif : Camille, adulte de 42 ans, mesure 1,70 m et pèse 78 kg. Son IMC calculé est de 78 ÷ (1,70 × 1,70), soit environ 27,0 kg/m². Dans la classification adulte présentée par l’Assurance Maladie, ce résultat correspond au surpoids. Il ne mesure toutefois ni la quantité exacte de graisse ni sa répartition, et ne suffit pas à établir un bilan de santé.
Camille peut conserver les données saisies dans le calculateur d’IMC. Pour retrouver les catégories sans centrer toute la consultation sur elles, notre page sur les seuils d’IMC sert de repère complémentaire.
Noter les mesures et leurs conditions
Sur votre feuille, indiquez votre taille, votre poids et les dates correspondantes. Précisez si la taille a été mesurée récemment ou reprise d’un ancien document. Pour le poids, notez simplement les conditions connues : balance utilisée, moment de la journée, vêtements éventuels. Ces précisions permettent de discuter la comparabilité des relevés, sans présenter un chiffre isolé comme une certitude.
Le tour de taille peut compléter ces informations. Le NICE recommande d’utiliser le rapport tour de taille sur taille avec l’IMC chez les adultes dont l’IMC est inférieur à 35. Sa méthode place le ruban à mi-distance entre le bas des côtes et le haut des hanches, puis prévoit une lecture après une expiration naturelle.
Si vous avez fait cette mesure, apportez sa valeur et expliquez comment vous l’avez prise. Sinon, vous pouvez demander qu’elle soit réalisée au rendez-vous. Le calcul du rapport tour de taille sur taille fournit un indicateur complémentaire, pas une mesure directe de la graisse abdominale ni un diagnostic. Les estimations de composition corporelle d’une balance ne remplacent pas cette évaluation.
Reconstituer l’évolution plutôt que multiplier les pesées
Rassemblez les poids datés déjà disponibles : notes personnelles, anciennes consultations ou relevés enregistrés. Une courbe de poids à imprimer peut les rendre plus lisibles. Vous n’avez pas besoin de remplir chaque case ni de produire un historique complet avant de consulter.
Repérez aussi les événements qui accompagnent une évolution : changement de travail, sommeil réduit, arrêt du tabac, traitement commencé ou difficultés personnelles. L’Assurance Maladie décrit plusieurs facteurs pouvant intervenir dans la prise de poids. Une proximité dans le temps reste une observation à discuter, pas la preuve d’une cause.
Décrire ce que vous ressentez et votre quotidien
Ne laissez pas le chiffre de l’IMC remplacer le motif du rendez-vous. Le NICE demande de ne pas attribuer automatiquement tous les symptômes au poids. Une douleur, une fatigue ou une gêne mérite donc d’être décrite pour elle-même.
- Symptômes : ce que vous ressentez, depuis quand, dans quelles circonstances et avec quel retentissement.
- Sommeil : qualité ressentie, ronflements signalés, somnolence dans la journée.
- Habitudes : organisation des repas, boissons, déplacements, activités habituelles et périodes assises.
- Contexte : traitements en cours, problèmes de santé connus, résultats d’examens disponibles et contraintes du quotidien.
Dans notre exemple fictif, Camille note que ses horaires décalés compliquent les repas et qu’une douleur au genou limite certains déplacements. Ce sont des éléments pour orienter l’entretien, pas des explications médicales déjà établies.
Préparer les questions qui comptent pour vous
Vous pouvez commencer par : « J’aimerais comprendre ce que ce résultat signifie dans ma situation. » Puis choisir les questions adaptées à vos préoccupations :
- Quelles mesures faut-il vérifier ou compléter ?
- Mon évolution de poids et mes traitements changent-ils l’interprétation ?
- Mes symptômes nécessitent-ils une évaluation distincte ?
- Un bilan complémentaire est-il pertinent, et pour quelle raison ?
- Que suivre ensuite, et à quel rythme ?
Précisez également ce que vous attendez : comprendre une évolution, retrouver du confort ou discuter d’habitudes compatibles avec vos contraintes. Le NICE recommande de demander votre accord avant de parler du poids et de prendre les mesures.
Garder des références adaptées à votre situation
Ce cas concerne un adulte hors grossesse. Chez l’enfant et l’adolescent, l’IMC s’interprète avec des courbes adaptées à l’âge et au sexe. À partir de 65 ans, le NICE demande une lecture prudente tenant compte notamment des maladies associées et des capacités fonctionnelles. Pendant la grossesse, le suivi doit être contextualisé avec le professionnel qui vous accompagne, sans transposer cet exemple.
Sources
- NICE — Recommandation NG246 : identification et évaluation du surpoids, de l’obésité et de l’adiposité centrale, mise à jour du 8 janvier 2026.
- Assurance Maladie — Surpoids et obésité de l’adulte : définition, causes et risques, 23 janvier 2026.



