Existe-t-il un IMC idéal selon l’âge ?
Non : chez l’adulte, les seuils de l’OMS sont les mêmes à tout âge, avec une corpulence normale entre 18,5 et 24,9.
Après 70 ans, la HAS retient un IMC inférieur à 22 comme l’un des critères de dénutrition. Chez les plus de 65 ans, les grandes études n’associent pas le surpoids à une mortalité plus élevée, mais un IMC sous 23 l’était. Après 65 ans, un projet de perte de poids se discute avec un professionnel de santé.
Existe-t-il un IMC idéal selon l’âge ? Chez l’adulte, les seuils officiels de l’IMC sont les mêmes à tout âge : l’OMS et l’Assurance Maladie parlent de corpulence normale entre 18,5 et 24,9 (1) (2). Il n’existe pas de tableau officiel d’« IMC idéal » par décennie. Deux nuances comptent pourtant : après 70 ans, la Haute Autorité de santé (HAS) retient un seuil de dénutrition plus élevé, et les études de mortalité ne donnent pas tout à fait les mêmes résultats chez les plus de 65 ans. Ce guide fait le point, âge par âge.
Calculez votre IMCTaille et poids : résultat immédiat, lu selon les seuils de l’OMS.
Rappel : qu’est-ce que l’IMC ?
L’IMC se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille au carré (en mètres). La classification de l’OMS, reprise par l’Assurance Maladie (2), définit les tranches suivantes pour les adultes :
- Moins de 18,5 : insuffisance pondérale
- 18,5 à 24,9 : corpulence normale
- 25 à 29,9 : surpoids
- 30 et plus : obésité
Ces seuils ne varient pas avec l’âge chez l’adulte. Chez l’enfant et l’adolescent, en revanche, l’IMC s’interprète avec des courbes selon l’âge et le sexe (1).
Pourquoi l’IMC se lit différemment avec l’âge
Plusieurs changements expliquent qu’un même IMC ne reflète pas la même chose à 25 ans et à 75 ans :
- La composition du corps change : avec l’âge et la sédentarité, la masse musculaire diminue et la part de masse grasse augmente, parfois à poids stable. L’IMC, qui ne distingue pas le muscle de la graisse, ne le voit pas.
- La graisse se répartit autrement : elle a tendance à se stocker davantage sur le ventre, ce que seul le tour de taille permet de repérer.
- La dépense d’énergie baisse moins tôt qu’on le croit : selon une grande étude publiée dans Science en 2021, la dépense d’énergie, rapportée à la masse maigre, reste stable entre 20 et 60 ans environ, puis diminue chez les personnes plus âgées (7).
- La taille diminue un peu avec l’âge (tassement des vertèbres), ce qui fait légèrement monter l’IMC à poids égal.
Y a-t-il un IMC recommandé selon l’âge ?
Voici les repères qui s’appuient sur des recommandations officielles ou de grandes analyses d’études :
| Âge | Repère officiel | Ce que montrent les grandes études |
|---|---|---|
| Adultes | Corpulence normale entre 18,5 et 24,9 (OMS, Assurance Maladie) | Chez des adultes non-fumeurs et sans maladie, la mortalité la plus basse s’observe entre 20 et 25, et le risque augmente dès le surpoids (analyse de 2016 portant sur près de 4 millions de personnes) |
| 65 ans et plus | Mêmes seuils de corpulence | Le surpoids n’est pas associé à une mortalité plus élevée ; le risque augmente en dessous de 23 et au-delà d’environ 33 (analyse de 32 études publiée en 2014) |
| 70 ans et plus | Un IMC inférieur à 22 fait partie des critères de dénutrition (HAS, 2021) | Un IMC normal ou élevé n’exclut pas une dénutrition |
Sources : OMS (1), Assurance Maladie (2), Global BMI Mortality Collaboration (5), Winter et al. (4), HAS (6). Ces études décrivent des tendances dans de grandes populations : elles ne fixent pas un objectif de poids pour une personne donnée.
À 20 ans : les repères de l’OMS
Entre 18 et 30 ans, l’IMC se lit avec les seuils habituels : corpulence normale entre 18,5 et 24,9. C’est aussi l’âge où s’installent des habitudes qui comptent pour la suite : alimentation, alcool, sommeil, activité physique.
Conseils :
- Mettre en place de bonnes habitudes alimentaires durables
- Bouger régulièrement : l’OMS recommande aux adultes au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine (8)
- Limiter l’alcool et les aliments ultra-transformés
À 30 ans : stabiliser son poids
Dans une grande étude, la dépense d’énergie, rapportée à la masse maigre, restait globalement stable entre 20 et 60 ans (7) : une prise de poids vers 30 ans peut donc tenir notamment au mode de vie (travail sédentaire, stress, vie de famille), sans exclure d’autres causes, comme certains traitements. L’IMC se lit toujours avec les mêmes seuils. Dans la grande analyse de 2016, le risque de mortalité augmentait avec l’IMC dès 25 chez les non-fumeurs sans maladie (5).
Conseils :
- Surveiller les portions et les grignotages
- Maintenir l’activité physique malgré un emploi du temps chargé
- Faire un bilan de santé régulier incluant le calcul de l’IMC
À 40 ans : prévenir la prise de poids
À 40 ans, les repères de l’IMC restent les mêmes. C’est le moment de calculer régulièrement son IMC et de surveiller son rapport tour de taille/taille.
Conseils :
- Intégrer des exercices de renforcement musculaire
- Veiller à des apports suffisants en protéines pour préserver la masse musculaire
- Limiter les boissons sucrées, les produits sucrés et l’alcool
À 50 ans : surveiller aussi le tour de taille
Autour de 50 ans, la ménopause s’accompagne souvent d’une prise de poids, selon l’Assurance Maladie (9). Un IMC un peu au-dessus de 25 n’est pas une maladie, mais c’est une bonne raison de mesurer aussi son tour de taille : un tour de taille élevé signale une graisse abdominale associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète.
Conseils :
- Surveiller le tour de taille : l’Inserm retient un repère de 80 cm chez la femme et de 94 cm chez l’homme pour le syndrome métabolique, associé à d’autres anomalies (10)
- Privilégier les protéines et les aliments riches en calcium
- Maintenir une activité physique adaptée (marche, natation, yoga)
À 60 ans et plus : surveiller la dénutrition et les muscles
Après 60 ans, la question s’inverse en partie : la fonte musculaire (sarcopénie) et la dénutrition deviennent des risques majeurs. Dans une analyse de 32 études portant sur près de 200 000 personnes de 65 ans et plus, le surpoids n’était pas associé à une mortalité plus élevée ; le risque augmentait en dessous d’un IMC de 23 (+12 % entre 21 et 21,9, +19 % entre 20 et 20,9 par rapport à 23-23,9) et au-delà d’environ 33 (4). Ce sont des associations observées dans des études, pas un objectif individuel.
Après 70 ans, la HAS retient un IMC inférieur à 22 comme l’un des critères de dénutrition, jamais suffisant seul (il doit être associé à une cause, comme une baisse des apports ou une maladie), et la dénutrition est jugée sévère en dessous de 20 (6). Un IMC normal ou élevé n’exclut pas une dénutrition : une personne en surpoids peut être dénutrie.
Conseils :
- Ne pas chercher à maigrir sans avis médical
- Veiller à des apports suffisants en protéines et en énergie, à adapter avec son médecin
- Pratiquer des exercices d’équilibre et de renforcement musculaire
- Se peser régulièrement : la HAS conseille, à domicile, une pesée une fois par mois (6)
- Signaler à son médecin une perte de poids, une baisse d’appétit ou de force
IMC et espérance de vie : ce que disent les études
Une méta-analyse publiée dans le JAMA en 2013 (Flegal et al.), portant sur 97 études et plus de 2,88 millions de personnes, a comparé la mortalité à celle des personnes de corpulence normale (3) :
- le surpoids (IMC de 25 à moins de 30) était associé à une mortalité inférieure de 6 % ;
- l’obésité modérée (IMC de 30 à moins de 35) n’était pas associée à une mortalité plus élevée ;
- à partir d’un IMC de 35, la mortalité était plus élevée de 29 %.
Ces résultats ont été discutés : le tabac et les maladies qui font maigrir peuvent fausser la comparaison. En 2016, une analyse de 239 études (Global BMI Mortality Collaboration) a limité ces biais en ne retenant que des non-fumeurs sans maladie chronique, soit près de 4 millions de personnes (5). La mortalité y était la plus basse pour un IMC entre 20 et 25 ; elle augmentait dès le surpoids (+7 % entre 25 et 27,5, +20 % entre 27,5 et 30) et davantage avec l’obésité. Le lien entre IMC élevé et mortalité était plus fort quand l’IMC était mesuré entre 35 et 49 ans qu’entre 70 et 89 ans.
Limites de l’IMC selon l’âge
L’IMC présente des limites importantes qu’il convient de rappeler :
- Il ne distingue pas la masse musculaire de la masse grasse
- Il ne prend pas en compte la répartition des graisses
- Chez la personne âgée, un IMC normal ou élevé peut masquer une fonte musculaire ou une dénutrition (6)
- Il doit être complété par d’autres mesures comme le rapport tour de taille/taille ou le calcul de la masse maigre
Quel que soit votre âge, parlez de votre IMC avec votre médecin, surtout si votre poids change sans raison.
Sources et références
(1) Organisation mondiale de la santé – Obésité et surpoids, aide-mémoire
(2) Assurance Maladie – Surpoids et obésité de l’adulte : définition, fréquence, causes et risques, ameli.fr
(3) Flegal KM et al. – Association of all-cause mortality with overweight and obesity using standard body mass index categories – JAMA 2013 – PubMed 23280227
(4) Winter JE et al. – BMI and all-cause mortality in older adults: a meta-analysis – American Journal of Clinical Nutrition 2014 – PubMed 24452240
(5) Global BMI Mortality Collaboration – Body-mass index and all-cause mortality: individual-participant-data meta-analysis of 239 prospective studies in four continents – The Lancet 2016 – PubMed 27423262
(6) Haute Autorité de santé – Diagnostic de la dénutrition chez l’enfant, l’adulte et la personne de 70 ans et plus, fiche outil – novembre 2021 (PDF)
(7) Pontzer H. et al. – Daily energy expenditure through the human life course – Science 2021 – PubMed 34385400
(8) Organisation mondiale de la santé – Activité physique, aide-mémoire
(9) Assurance Maladie – Ménopause : symptômes et diagnostic, ameli.fr
(10) Inserm – Pour s’éviter un bide : c’est quoi le syndrome métabolique ?
Pages seniors complémentaires
Pour une lecture plus actionnable après 60-65 ans, complétez avec :
Questions fréquentes sur l’IMC selon l’âge
Existe-t-il un IMC idéal selon l’âge ?
Pas officiellement. Chez l’adulte, l’OMS et l’Assurance Maladie utilisent les mêmes seuils à tout âge : corpulence normale entre 18,5 et 24,9. Après 70 ans, la HAS retient un IMC inférieur à 22 comme l’un des critères de dénutrition.
Quel est l’IMC normal d’une femme de 60 ans ?
Les seuils sont les mêmes que pour tous les adultes : corpulence normale entre 18,5 et 24,9, surpoids de 25 à 29,9. Chez les plus de 65 ans, les études ne trouvent pas de mortalité plus élevée en cas de surpoids, mais un risque accru en dessous de 23. Le tour de taille complète utilement l’IMC.
Faut-il s’inquiéter d’un IMC de 26 à 50 ans ?
Un IMC de 26 correspond à un surpoids. Ce n’est pas une maladie, mais, dans une grande analyse portant sur des non-fumeurs sans maladie chronique, la mortalité était plus élevée à partir de 25. Mesurez votre tour de taille et parlez-en à votre médecin, surtout si votre tension, votre glycémie ou votre cholestérol sont élevés.
Quel IMC est trop bas après 70 ans ?
Selon la HAS, un IMC inférieur à 22 fait partie des critères de dénutrition après 70 ans, s’il s’accompagne d’une cause comme une baisse des apports ou une maladie ; en dessous de 20, la dénutrition est sévère. Une perte de poids involontaire doit aussi alerter.
Les seniors doivent-ils chercher à maigrir ?
Pas sans avis médical. Après 65 ans, maigrir peut faire perdre du muscle, et un IMC bas est associé à une mortalité plus élevée. La priorité est de préserver la masse musculaire et d’éviter la dénutrition.