Vous ouvrez un paquet de jambon, un pot de sauce ou une barquette réfrigérée ? Regardez d’abord les instructions de conservation après ouverture, avant de ranger le produit. La date imprimée sur l’emballage ne vous dit pas combien de temps son contenu peut rester conservé une fois le paquet ouvert.
Le fabricant peut indiquer « à consommer dans les 3 jours après ouverture », avec une température de conservation à respecter. Ce délai concerne le produit entamé. Il ne se confond ni avec la date limite de consommation (DLC), ni avec la date de durabilité minimale (DDM).
Lire la consigne avant de jeter l’emballage
Repérez les indications de conservation et lisez-les jusqu’au bout. Une durée après ouverture va avec la température demandée et l’utilisation prévue par le fabricant. Pour conserver le produit pendant le nombre de jours indiqué, vous devez respecter ces conditions.
Notez la date d’ouverture sur le paquet, le couvercle ou une étiquette. Si vous jetez une partie de l’emballage, gardez celle qui porte les instructions ou photographiez-la. Vous retrouverez ainsi le délai sans avoir à vous rappeler le jour où vous avez commencé le produit.
C’est particulièrement utile quand un emballage sert plusieurs fois. Avant de reprendre le produit, comparez la date notée avec le délai du fabricant, puis vérifiez que les conditions de conservation ont été respectées. Ne lui attribuez pas une durée précise si l’étiquette n’en indique aucune.
La DLC ne reste pas valable après ouverture
Dans sa page Date limite de consommation (DLC) et date de durabilité minimale (DDM), l’Anses indique que la DLC d’un produit n’est plus valable une fois celui-ci ouvert. Il faut alors suivre les recommandations du fabricant pour sa conservation après ouverture.
La DLC correspond aux mentions « à consommer avant le » ou « à consommer jusqu’au ». Elle concerne généralement des aliments très périssables vendus au rayon réfrigéré, notamment les viandes, les poissons et certains produits laitiers ou de charcuterie. Son dépassement peut présenter un risque pour la santé.
Après ouverture, la seule DLC ne suffit donc pas pour décider de garder le produit. Même si la date est encore éloignée, le délai après ouverture peut déjà être dépassé. À l’inverse, une instruction prévoyant quelques jours de conservation après ouverture ne permet pas de prolonger la DLC.
Il faut lire les deux indications séparément : la date imprimée ne garantit plus la conservation du produit ouvert, tandis que le délai après ouverture ne permet pas de dépasser la DLC.
La DDM ne fixe pas non plus le délai après ouverture
La mention « à consommer de préférence avant le » désigne la DDM. Elle figure sur des produits comme les pâtes, le riz, la farine ou les conserves et peut être exprimée sous la forme mois/année.
Selon l’Anses, dépasser une DDM ne constitue pas en soi un risque pour la santé, même si l’aliment peut perdre certaines qualités gustatives ou nutritionnelles. Cette date ne donne toutefois aucune durée de conservation après ouverture.
Après avoir ouvert un produit portant une DDM, recherchez aussi les instructions du fabricant. Si l’étiquette prévoit un délai après ouverture, servez-vous de la date notée pour le suivre. Même encore lointaine, la DDM ne remplace pas cette consigne.
Respecter la température pendant toute la conservation
La durée indiquée sur l’emballage dépend des conditions de stockage. L’Anses précise que si la température de conservation n’est pas respectée, la qualité sanitaire de l’aliment n’est plus garantie.
Dans ses recommandations pour bien conserver ses aliments et ne pas interrompre la chaîne du froid, publiées le 23/06/2022, l’agence conseille une température de 4 °C dans la zone la plus froide du réfrigérateur. Consultez la notice de votre appareil pour repérer cette zone et placez-y les aliments sensibles, comme les viandes, les poissons et les plats cuisinés.
Quand vous servez un produit réfrigéré entamé, laissez-le le moins longtemps possible à température ambiante et remettez-le au réfrigérateur juste après. Évitez aussi de surcharger l’appareil : l’air doit pouvoir circuler à l’intérieur.
L’Anses recommande de consommer les aliments sensibles entamés dans les 3 jours. Ce repère général ne correspond pas forcément à la durée propre à chaque aliment et ne remplace pas les instructions du fabricant. Si celui-ci indique un délai plus court, respectez-le.
Une anomalie impose de jeter le produit
Respecter le délai ne dispense pas de vérifier l’état de l’aliment et de son emballage. Une odeur désagréable, une couleur anormale ou un emballage gonflé doivent vous alerter. L’Anses recommande de jeter le produit s’il présente l’un de ces signes.
Pour une conserve dont la DDM est dépassée, examinez l’extérieur avant de l’ouvrir. Une déformation, de la rouille ou un bombage peuvent révéler une altération. L’absence du « pop » attendu à l’ouverture d’un bocal est aussi un signal d’alerte. En cas de doute, ne consommez pas son contenu.
Si aucune durée après ouverture n’est précisée
L’absence d’instruction ne signifie pas que le produit se conserve sans limite. Pour les aliments sensibles entamés, gardez le repère général des 3 jours donné par l’Anses, sans en faire une durée valable pour tous les produits.
Si vous achetez un aliment très périssable non préemballé sans DLC, par exemple un produit traiteur ou une pâtisserie à base de crème, demandez conseil au commerçant. L’Anses recommande généralement de consommer ces produits sous 3 jours.
Les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement exposés aux risques liés au dépassement des dates. Pour les aliments qui leur sont destinés, respectez scrupuleusement les dates et les consignes de conservation.


