Sur un vélo à assistance électrique (VAE), la vitesse affichée ne suffit pas pour choisir le même MET que pour un vélo conventionnel. Le moteur peut fournir davantage d’aide dans une côte, réduire l’effort demandé sur le plat ou maintenir une allure élevée malgré le relief. La distance et la vitesse décrivent la sortie, mais elles ne disent pas tout de l’effort produit par le cycliste.
La vitesse ne résume pas la sortie
Les repères de MET du vélo conventionnel correspondent à des conditions de pratique précises. Ils ne deviennent pas une mesure individuelle parce que vous roulez à la même vitesse sur un VAE. Deux sorties à 20 km/h peuvent demander des efforts différents selon le niveau d’assistance, la cadence de pédalage, le vent, la pente, les arrêts et les relances.
Avec un vélo à assistance au pédalage, vous devez toutefois pédaler pour que l’aide électrique soit fournie. Pour interpréter la sortie, notez donc aussi les conditions dans lesquelles vous avez produit l’effort. Une allure élevée ne permet pas, à elle seule, de savoir quelle part du travail a été fournie par vos jambes.
La revue systématique consacrée aux bénéfices du vélo à assistance électrique a regroupé 17 études et 300 participants. Elle rapporte des données modérées indiquant que le vélo électrique peut correspondre à une activité d’intensité au moins modérée, généralement moins intense que le vélo conventionnel, mais plus intense que la marche. Cette conclusion décrit une tendance observée dans les études. Elle ne fournit pas une estimation personnalisée pour chaque trajet.
Ce que montre l’étude sur trois réglages
Une autre étude, publiée dans cet article sur le vélo à assistance électrique, a suivi 12 adultes habitués à être actifs sur un parcours de 4,3 km. Les participants ont utilisé trois réglages : sans assistance, assistance éco et assistance puissance.
Les intensités moyennes mesurées étaient respectivement de 6,1, 5,7 et 5,2 MET. La fréquence cardiaque était plus élevée sans assistance, tandis que la vitesse augmentait avec l’aide électrique.
Ces résultats montrent qu’une assistance plus forte peut réduire la puissance fournie par le cycliste tout en permettant de rouler plus vite. Ils ne constituent pas un coefficient à appliquer à votre propre sortie. L’échantillon était réduit, les participants étaient actifs et le parcours était court. Ces valeurs moyennes ne peuvent donc pas être transformées en résultat individuel.
Deux trajets de même distance
Exemple fictif : vous comparez deux trajets de 12 km.
- Trajet A : assistance éco, 40 minutes au total, dont 34 minutes en mouvement et 6 minutes d’arrêts. La vitesse moyenne sur l’ensemble du trajet est de 18 km/h. Pendant le roulage, elle est d’environ 21,2 km/h, valeur arrondie. Le parcours comporte une longue montée.
- Trajet B : assistance puissance, 30 minutes au total, dont 28 minutes en mouvement et 2 minutes d’arrêts. La vitesse moyenne sur l’ensemble du trajet est de 24 km/h. Pendant le roulage, elle est d’environ 25,7 km/h, là encore arrondie. Le parcours est principalement plat.
Les calculs de vitesse sont simples : 12 km divisés par 40 minutes correspondent à 18 km/h, et 12 km divisés par 30 minutes correspondent à 24 km/h. Les vitesses calculées pendant le roulage restent approximatives. Elles servent à illustrer la situation, pas à mesurer une intensité physiologique.
Ces données ne permettent pas de déduire un MET individuel. Le trajet A a pu solliciter davantage les jambes dans la montée malgré une vitesse globale plus faible. Le trajet B a pu demander moins de puissance personnelle grâce à l’assistance, même avec une allure supérieure.
La note utile ne consiste donc pas à associer automatiquement 18 km/h ou 24 km/h à un MET précis. Notez la distance, la durée totale, le temps en mouvement, le mode d’assistance, le relief et les arrêts. Vous décrivez ainsi la sortie sans présenter comme mesurée une intensité qui ne l’a pas été.
Même vitesse, conditions différentes
Exemple fictif : deux sorties affichent une vitesse moyenne de 20 km/h sur 10 km. La première est réalisée sans assistance sur un parcours vallonné. La seconde utilise une assistance élevée sur un parcours exposé au vent, avec plusieurs relances après des arrêts.
La vitesse moyenne est identique, mais les conditions d’effort ne le sont pas. Dans la première sortie, le relief peut augmenter la puissance nécessaire dans les montées. Dans la seconde, le moteur peut réduire la puissance demandée pendant certaines phases, tandis que les relances et le vent modifient l’effort restant. Attribuer automatiquement un MET de vélo conventionnel à partir de la vitesse donnerait une précision que les données ne permettent pas.
Que noter dans votre relevé
Pour comparer plusieurs sorties, utilisez la même fiche : distance, durée totale, temps d’arrêt, mode d’assistance, relief dominant et ressenti du pédalage. Si votre vélo indique plusieurs modes utilisés pendant le trajet, notez ces changements plutôt que de retenir un seul niveau moyen approximatif.
Le repère sur les calories brûlées à vélo concerne le vélo et ses niveaux d’intensité conventionnels. Il ne transforme pas une vitesse de VAE en mesure personnalisée.
Pour additionner des durées d’activité dans la semaine, consultez la page sur les minutes actives à vélo et à pied, sans assimiler automatiquement les deux pratiques. Le test de la parole pour reconnaître une intensité modérée peut aussi décrire votre aisance pendant la sortie. Il ne donne pas un MET exact et ne remplace pas une mesure physiologique.
Sources
- Health benefits of electrically-assisted cycling: a systematic review.
- Electrically assisted cycling: a new mode for meeting physical activity guidelines?.


