C’est une décision inédite qu’a prise la ville de New York (États-Unis) : à compter du 12 mars 2013, il sera désormais interdit de vendre des sodas de plus d’un demi-litre au sein de la ville. Cette restriction s’appliquerait uniquement dans les restaurants, les stades et les salles de cinéma. A l’origine de cette idée ? Le maire Michael Bloomberg, avec comme objectif la lutte contre l’obésité.
Une mesure controversée
Cependant la mesure pourrait être contestée en justice.
- D’une part par les consommateurs, qui voient là une atteinte à leur liberté. Le New York Times affirme pour sa part que 60% des consommateurs new-yorkais sont contre la mesure, alors que seulement 36% seraient pour.
- D’autre part par les industriels, qui sont contre le projet pour les mêmes raisons. D’autant plus que certaines stratégies commerciales de ces grands groupes sont basés sur la liberté de choisir. De nombreuses publicités disposent d’une statue de la Liberté, tenant un soda plutôt qu’une torche. Le 31 mai dernier, alors que la loi était en préparation, la réaction de Coca-Cola était déjà sans équivoque : Les New-Yorkais attendent et méritent mieux que cette décision. Les citoyens peuvent faire leurs propres choix au sujet des boissons qu’ils achètent. Rappelons que Coca-Cola détient environ 70% du marché U.S. des boissons en fontaine, suivi par Pepsi (19%).
L’ampleur du problème : sucre et calories dans les sodas
Pour information, sur l’image ci-dessous :
- Le premier soda contient 22g de sucres (72 calories) pour 20cl.
- Le second contient 38g de sucres (140 calories) pour 35cl
- Le troisième contient 48g de sucres (180 calories) pour 47cl
- Le quatrième contient 102g sucres (274 calories) pour 106cl : il sera interdit !
- Enfin le dernier contient 217g sucres (780 calories) pour 189cl : il sera interdit !
Pour mettre ces chiffres en perspective : l’OMS recommande de limiter la consommation de sucres libres à moins de 25 g par jour (soit environ 6 cuillères à café). Une seule canette de soda de 35 cl dépasse déjà largement cette recommandation avec 38 g de sucre.
Les tailles de sodas aux États-Unis : un facteur d’obésité
Quoi qu’il en soit le sujet fait débat car le symbole est relativement fort, même s’il sera bien évidemment toujours possible d’acheter son demi-litre de soda dans un supermarché traditionnel par exemple. Cette taille de soda, la plus large, est appelée « Super-Sized » aux États-Unis (cela représente exactement 47cl de soda).
La taille des portions de boissons sucrées a considérablement augmenté au fil des décennies aux États-Unis. Dans les années 1950, une portion standard de soda faisait environ 20 cl (7 ounces). Aujourd’hui, les formats courants atteignent 47 cl (16 ounces) voire 106 cl (36 ounces) dans certains cinémas et fast-foods. Cette augmentation de la taille des portions est directement corrélée à l’augmentation de l’apport calorique quotidien moyen des Américains.
Le bilan de cette mesure et son avenir juridique
Pourtant, le problème de l’obésité est tel aux États-Unis que ce genre de mesure restrictive pourrait s’avérer efficace même s’il ne s’agit là que d’une contribution relativement infime.
Notons par ailleurs que cette restriction, si elle est toutefois appliquée, ne concernerait que les sodas sucrés. Les commerçants qui ne respecteraient pas cette loi seraient soumis à une amende de 200$ (soit environ 150 euros). Des inspecteurs seront chargés de contrôler le bon respect de la loi.
La mesure a finalement été annulée par un juge en mars 2013, au motif qu’elle était « arbitraire et capricieuse » car elle ne s’appliquait pas uniformément à tous les commerces. La Cour d’appel a confirmé cette décision en 2014. Malgré cet échec juridique, cette initiative a eu le mérite de lancer un débat national et international sur la régulation des boissons sucrées.
La taxe soda : une alternative plus efficace ?
Suite à l’échec de l’interdiction new-yorkaise, d’autres approches ont été envisagées. La taxation des boissons sucrées s’est imposée comme une alternative plus viable :
- Le Mexique (2014) : une taxe de 1 peso par litre a réduit la consommation de 7,6 % la première année
- La France (2012) : la « taxe soda » a entraîné une légère baisse de la consommation
- Le Royaume-Uni (2018) : la Soft Drinks Industry Levy a poussé les fabricants à reformuler leurs produits avec moins de sucre
- Berkeley, Californie (2015) : la première ville américaine à appliquer une taxe soda, avec une réduction de 21 % de la consommation dans les quartiers défavorisés
Comment réduire sa consommation de boissons sucrées
Au niveau individuel, plusieurs stratégies permettent de diminuer sa consommation de sodas et de boissons sucrées :
- Remplacer progressivement les sodas par de l’eau gazeuse aromatisée naturellement (citron, menthe, concombre)
- Lire les étiquettes : une boisson « aux fruits » peut contenir autant de sucre qu’un soda
- Préférer les petites bouteilles pour limiter les portions
- Préparer ses propres boissons : thés glacés maison, eaux infusées aux fruits
- Réserver les boissons sucrées aux occasions spéciales
Questions fréquentes
L’interdiction des grands sodas à New York a-t-elle été appliquée ?
Non, la mesure a été annulée par un juge en mars 2013, au motif qu’elle était « arbitraire ». Cependant, elle a lancé un débat mondial sur la régulation des boissons sucrées et inspiré des politiques de taxation dans de nombreux pays.
Combien de sucre contient un grand soda ?
Un soda de taille « Super-Sized » (189 cl) peut contenir jusqu’à 217 g de sucre, soit l’équivalent de 54 morceaux de sucre et 780 calories. C’est près de 9 fois la dose journalière recommandée par l’OMS.
La taxe soda est-elle efficace pour réduire l’obésité ?
Les premières études montrent des résultats encourageants : baisse de 7 à 21 % de la consommation de boissons sucrées selon les pays, et incitation des industriels à reformuler leurs produits. L’impact sur l’obésité à long terme reste à évaluer.
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